En quête de flow

Résumé de notre voyage annuel 2019 à La Thuile en Italie. Première année que nous partons à l’étranger et le moins que l’on puisse dire c’est que nous n’avons pas choisi la facilité avec chacun de nos membres aux quatre coins de la France. Loïc en plein déménagement de Toulouse à Castelnaudary, Max en plein changement professionnel à Cholet, Thibaut en préparation de reprise de son entreprise et moi tout juste chef d’entreprise à Colmar. Malgré tout ça nous avons tenu notre engagement fixé 9 mois auparavant, celui de tous se retrouver à La Thuile en Septembre 2019.

La Team au départ de la « Lupin »:
Loïc/La Sagesse, Max/L’élu de Dieu, Thibus/Le Guerrier, RVagabond/L’imprévisible

Les Alpes, un massif qui force l’admiration.

Nombreuses sont les destinations que nous projetons, celles qui sont réalisables par les temps actuels beaucoup moins. Nous recherchions une destination qui se prête à notre pratique du VTT, beauté du paysage, exploration et prouesse technique. Les destinations des EWS nous assurent des sentiers adaptés à notre pratique. Cette année nous voulions sortir un peu de notre confort et partir à l’étranger. Nous avons retenu deux destinations italiennes, Finale Ligure et La Thuile. En grands admirateurs des Alpes, la majorité d’entre nous aura voté pour la haute montagne plutôt que la plage. Seul bémol, le voyage est prévu fin septembre, nous ne pourrons profiter des remontées mécaniques. Nos recherches porterons beaucoup sur les organismes qui effectuent des navettes, car la différence d’altitude entre La Thuile et le départ des pistes est de 1000m en moyenne, ce qui s’annonce difficile, même très difficile quand on connaît les capacités physiques de nos hommes.

12 mois plus tard, les retrouvailles!

Que le temps passe vite! 1 an que nous ne nous sommes pas vu, que nous n’avons pas roulé ensemble! Donc 1 an pour se préparer physiquement à ce voyage!!!

Pour la logistique nous nous sommes organisés en deux équipes de deux. Max le plus éloigné, aura choisi l’avion, et c’est Loïc qui se colle à le récuperer à l’aéroport de Genève. Je suis le plus proche avec 5h de route, mais je n’ai pas hérité du meilleur cadeau, puisque cet en***** de Thibaut prendra la route après son travail pour débarquer chez moi à 2h du matin. Et comme nous sommes pressés d’arriver là bas, nous partirons dans la foulée.

En quête de dépaysement

2h du mat le mercredi 25 septembre!!! Toc toc toc! Thibaut a bien respecté le planning et je suis tout de même heureux de le retrouver, il aura été bien sage pendant le trajet, calmé sans doute par les tarifs de la vignette suisse et du tunnel du Mont Blanc! Arrivé à ce dernier, surpris par le tarif et empressés par l’enfilade de voitures derrière nous, nous n’avons pas choisi le tarif aller-retour, et nous le regretterons 4 jours plus tard avec un autre type d’enfilade…

Comme 50% de nos séjours, la météo prévue est catastrophique et elle tient toutes ses promesses. Nous aurons roulé intégralement sous la pluie et le temps sur place n’augure rien de bon. Gris, froid dans le village et pluvieux en altitude puisque nous ne voyons même pas les montagnes.

Pour bien s’acclimater, nous démarrons la journée avec un café bien serré italien, 2 gorgées! Et même 2 cafés, ce qui fait 4 gorgées!!! Nous nous dirigeons vers l’office de tourisme afin d’obtenir quelques infos supplémentaires, et après 10 minutes d’attente devant la porte, nous nous rendons compte qu’il est fermé tous les mercredis!!!! Thibaut et moi réunis, quelle chance!

  • La météo est notre première inquiétude
  • Où sont les pistes?
  • Acclimatation

10h00! L’heure de récuperer les clés. Nous avons une heure de rdv, mais pas d’adresse, je vous passe les détails… La propriétaire nous offre un café. Et de 3! Là j’ai des palpitations. Nous arrivons au gîte, en tant que premiers arrivés nous avons le privilège Thibaut et moi de choisir nos lits, Loïc et Max n’arrivent que dans l’après midi. Et histoire de bien les rendre jaloux nous nous préparons pour une petite sortie sans eux.

Première sortie de mise en jambe

Les traces gpx sont toutes prêtes et je choisis une descente des EWS en dehors du bike park, donc la plus naturelle possible, accessible par la route et avec tout de même du pédalage, histoire de se chauffer et d’apprécier notre nouvel environnement. Nous irons donc faire la « Salini-Miniere-Argano » qui se situe juste derrière le gîte, 5OOm de D+ en voiture et 500m en vélo. Nous profiterons de la voiture de nos 2 retardataires pour aller chercher la notre! Ils n’auront pas tout perdu!

De quoi nous donner des idées

Par chance le ciel est dégagé sur ce col, ce n’est pas le cas ailleurs. La liaison se fait en pleine forêt de résineux percée par les rayons du soleil. C’est féérique! De quoi bien les rendre jaloux. Le sentier qui nous mène au sommet est ensoleillé, abrité du vent, légèrement montant. Le sol est terreux, malgré la pluie non boueux car pauvre et drainant, jonché par de nombreuses dalles de schistes. A grimper c’est un régal car les dalles le rendent légèrement technique et la nature environnante est splendide. Nous sortons petit à petit de la foret pour être à découvert sur un sentier en balcon entièrement rocheux et ensoleillé, seules les myrtilliers avec leur couleur rouge automnale se sont fait une place parmi les rochers. On retrouve ici le paysage typique de la Vallée d’Aoste.

Nous sommes au sommet, et nous n’y resterons pas longtemps car le vent doit avoisiner les 80km/h, nous sommes frigorifiés, juste le temps de contempler le panorama et de voir que nous sommes sur la seule montagne ensoleillée, quelle chance!

Départ de notre petite descente

Nous voici au départ d’une spéciale d’EWS est le niveau est d’entrée très relevé, avec un sentier sableux, très engagé avec de nombreuses épingles, creusé ou plutôt défoncé par les pluies. La question qui me taraude à ce moment là, c’est est ce que le sentier est remis en état ou est ce qu’ils roulent là dessus? J’opte pour la première réponse, car nous aurons fait 100m de D- à pied. Je n’aime pas prendre ce genre de risques.

Belle perspective sur ce qui nous attend

La suite est un pur bonheur, le terrain est beaucoup moins pentu, le mono trace est sinueux en pleine prairie de myrtilliers, mélange de terre et de rochers dans lequel nous avons plus de facilité à lâcher les freins. Dernière partie, nous plongeons dans la foret sur une pente de nouveau très engagée, la terre est grise, le sentier plus large et rectiligne (typé bike park) mais nous prenons plaisir à rouler sur les rochers d’ardoise et à s’engager pleinement dans les épingles. Et en guise de récompense nous arrivons directe sur le gîte, heureusement car la pluie n’a pas quitté le village. Thibaut me rattrape le sourire aux lèvres, une belle réussite cette première sortie!

1h plus tard, nos deux zigotos sont arrivés. Le gîte est rapidement encombré de vélos, pied d’atelier, caisses à outils, sacs de bouffe et carton de bières!!! Et quoi de mieux qu’une « Jean Claude Van D’Ale » pour fêter nos retrouvailles! Apéro, cuisine, montage de vélo, câblage tv-pc et discussions planning pour notre première soirée. Non, pas de JCVD ce soir à la tv, mais l’inévitable très encourageante prévision de Monsieur Google Meteo (Loïc) qui nous prédit 15mm de pluie chaque jour à chaque séjour!!!

Qu’est ce que Max a dans le ventre?

Pour ce deuxième jours, nous voilà tous réunis. C’est toujours une joie immense de rouler ensemble car Dieu seul sait, quels miracles chacun d’entre nous est capable d’accomplir. Un an que nous n’avons pas roulé ensemble, et vu nos situations personnelles, je ne pense pas que nous ayons beaucoup roulé. Autant dire que cette sortie est une sortie test et qu’on s’attend à une bonne partie de rigolade sur des sentiers vtt de niveau mondial!!! Par dessus tout, la météo s’annonce effectivement catastrophique, il a plu toute la nuit et cela continue, on ne voit toujours pas les montagnes.

La carte au trésor

http://demo.lathuile.it/datapage.asp?id=208&l=2&s=E

Nous avons donc prévu une descente dans le bike park (la « Touriasse ») avec une navette de 600m de D+ en voiture et 400 en vélo. Celle-ci nous fera redescendre du bon côté pour enchainer avec la « Belle Face » (ou « Viper ») soit 500m de D+ de liaison. Un beau programme avec une quantité de pédalage à notre portée, théoriquement…

Après 600m en voiture, la route s’arrête et se prolonge par un chemin. Par chance la route était praticable. Comme prévu nous démarrons le pédalage, nous sommes sur les chemins larges en plein bike park. Rien de difficile mis à part la météo, pluie fine et vent de folie, on ne voit rien au delà de 20m. Heureusement nous sommes tous bien équipés, au moins un point sur lequel nous sommes préparés.

Nous voici à l’arrivée du télésiège que nous utilisons pour nous abriter afin d’enfiler les protections en vue d’attaquer la descente. Nous sommes trempés, on ne voit pas grand chose, le sol et le brouillard sont délimités de façon très linéaire sur notre droite, ce qui nous laisse penser que nous roulons sur une crête et que le vide nous tend ses bras. Avec des rafales de vents à 60km/h peut être, pour nous aider à aller d’un peu plus près.

Le terrain promet tout de même d’être très amusant à rouler, typé roller coaster avec quelques dalles rocheuses. A travers le brouillard, nous reconnaissons le départ mythique de la spéciale sur une pointe rocheuse au milieu de nulle part. Vu les conditions climatiques et le vide infini à côté c’est hors de question de la descendre. Max et Thibaut ne prennent même pas la peine d’y grimper. Loïc et moi y grimpons juste pour se mettre dans la peau des meilleurs riders mondiaux. Une fois en haut, la sensation est unique en mimant le départ. C’est un départ freeride, une pointe rocheuse à descendre, comportant une partie d’équilibriste sur de la roche dure et granuleuse puis il faut se placer pour descendre une marche de 80cm en pleine pente, atterrissant dans une gravière avant d’enchainer un gros virage à droite face au vide. C’est unique à vivre et pas si compliqué, ma seule crainte est de planter la roue avant dans la gravière à la réception du saut et filer dans le vide, ou encore me prendre une bourrasque qui va me déséquilibrer et avoir la même conséquence. Franchir des passages techniques dans un cadre somptueux, c’est pour moi la cerise sur le gâteau, c’est comme dompter la nature avec mon vélo. Quelque part c’est du freeride.

Je saisie finalement l’opportunité de vivre ce moment et de me lancer car nous ne reviendrons sans doute pas ici. Je viens de changer en d’avis en 5min. Je me lance tout en restant concentré sur mes deux craintes (en vérité il y en avait plus que ça), poids du corps pas trop sur l’avant lors de la réception de la marche puis poids du corps contraire au vent sur la crête exposée. Waouh!!! C’était grandiose!!

Nous avons assez perdu de temps là dessus, j’espère vous avoir régalé mes amis. Nous refaisons la crête mais dans le sens de la descente et avec de la vitesse par dessus tout! Puis nous plongeons dans le brouillard à notre gauche cette fois-ci, le brouillard nous laissait penser que c’était abrupte mais rien de bien compliqué finalement, à notre vitesse bien évidemment. C’est un mono trace avec des épingles, aucune végétation à cette altitude mais quelques pierriers. Puis nous arrivons sur un plateau enherbé avec de grandes taches de myrtilliers, un sol plus terreux qui retient d’avantage l’eau tombée ces derniers jours et quelques rochers et dalles d’ardoise bien glissants, ce qui me rend d’un coup très méfiant (« chui pas ouassuré »). Arrive une succession de murs en ardoise, par temps sec je m’y serais frotté mais dans ces conditions je passe mon chemin. Loïc nous montre le chemin pour contourner, Thibaut le suit, je fais de même en pensant avoir Max dans ma roue. Cette déviation à pied est peut être finalement plus dangereuse. Nos deux leaders ne se posent pas de questions et tracent. Je ne sais pas ce que fait Max, il n’est pas derrière moi. Je me retourne et je le vois s’élancer 4m plus haut. Ca y est, Max a choisi son moment pour faire parler Dieu!

Je crie « Non Max ne fait pas ça » alors que je sais qu’il est trop tard et qu’il ne doit plus hésiter, mais j’ai peur de la chute, soit on est mort de rire, soit on est mort tout court. Ce qui arrive est indescriptible, Nos deux compères suivent ça de loin, je suis le mieux placé pour raconter et attraper un fou rire pendant un quart d’heure. Désolé Max tu vas m’en vouloir pour ce résumé sévère, mais pour faire vite je dirais que le temps s’était arrêté, que la descente de ce mur de 4m a été interminable, c’était comme un tour de magie non maîtrisé du début à la fin, mais seul le résultat comptait, comme un Super G descendu sur les fesses mais avec, une fois en bas, le meilleur chrono! Sur ce mur, il y avait une cassure à mi hauteur, la vitesse sur cette première moitié était trop importante ce qui a comprimé violemment la fourche et peut être aussi l’amortisseur arrière. A partir de là ça a été un numéro de clown sur une corde d’équilibriste, mais pendant tout ce temps (les 2m qui restaient et la réception), Max est resté sur la corde. Envoyé en l’air à plusieurs reprises par les rebonds de ses suspensions, sans que ses pieds touchent les pédales, Max a fini par s’arrêter dans les myrtilles à 3m du sentier, debout, le vélo entre les jambes. Le meilleur numéro de clown équilibriste que j’ai vu!!! Rodriguez!!!!!

Pour le dialogue ca a donné:

Moi: « Ca va? »

Max: « Oui »

Moi qui repart, avec un fou rire…

Max: « Attend j’ai trop mal!!! »

Bref, un souvenir gravé à jamais. Merci Max.

Pour la suite, un sentier qui traverses des cours d’eau, qui vient onduler sur les courbes des différents coteaux et un final magique le long d’une rivière avec un monumental wall ride!!!!! Qui aura juste été contemplé, la dalle étant mouillée nous avons tous fait nos dégonflés, nous nous sommes juste contentés de la rider dans nos plus beaux rêves.

Le soleil pointe son nez et il est l’heure de reprendre des forces juste avant une belle liaison de 500m de D+. Un itinéraire balisé e-bike dans le sens de la montée, effectivement un peu raide pour nous. Une idée sur laquelle s’inspirer et débattre en France, on a du boulo.

Bref c’est un très beau sentier parfois en dévers, parfois trop pentu pour le grimper avec nos vélos, qui nous mène à 2100m au départ de la « Viper ».

Le départ
Le départ

Départ pas très réjouissant, chemin large, grandes lignes droites, épingles larges, quelques pierriers… Puis ca devient sympa, le sentier se rétrécit et devient terreux, une impression de vitesse se fait sentir, on reste dans la goulotte, on se sent protégé du vide. Le sentier devient très rythmé et engagé, avec de nombreuses épingles dans la pente. Tout s’enchainent très rapidement et l’engagement ne peut être stoppé ou retenu malgré la douleur dans les bras, il faut tenir et bien connaître sa limite sinon c’est la chute. Les épingles se succèdent, certaines dans le creux de la montagne, la pente ne faiblit pas et donne une pression croissante sur le physique. Une descente bien différente des autres, la plus difficile du séjour. Engagée et physique, le genre de spéciale qui me réussit bien. Je sens beaucoup moins d’enthousiasme dans le reste du groupe.

Petit bonus pour Loïc et moi ce jeudi, pendant que Thibaut et Max redescendent les voitures, nous, nous descendrons le début de la piste P « Planey » puis avant de faire la fin que nous connaissons déjà avec le fameux wall ride, nous bifurquerons sur la piste S « La Tour » pour finir par la piste S2 noire « Tombeau ».

Encore un départ de rêve, après deux immenses dalles rocheuses surplombantes la plaine du premier télésiège. PS: j’ai pincé. Nous traversons cette plaine à 60km/h survolant les bosses, avant de plonger petit à petit dans la foret. Ce mono trace est plutôt amusant jusqu’au moment de rejoindre les pistes S et S2. Une piste typique DH, large, des bosses, des virages relevés ainsi que des épingles, dévers et parties pentues dans de grosses racines. Une fin de piste avec beaucoup de pieds sortis des cales. Mis à part le départ, c’est une belle déception pour moi.

Au programme de ce soir, la même que la veille avec un montage tubeless en prime pour moi.

Qu’est ce que Max a dans le ventre? Réponse: sa selle

Montée en puissance

Gros programme pour cette « dernière journée » de pédalage puisque demain nous avons réservé une navette à la journée. Nous commencerons la journée par la descente de mercredi afin d’en faire profiter Loïc et Max, nos deux autres riders bucoliques, qui est pour nous la descente la plus belle. Puis nous irons chercher la voiture pour refaire le départ de la piste « Planey » effectué la veille par Loïc et moi, en finissant par la piste M « Lupin ». Nous n’avions pas fait attention que cette dernière était une piste noire!!! La météo est avec nous aujourd’hui, grand soleil et le vent s’est bien calmé… comme Max.

Montée en puissance, idem pour la météo

Voir paragraphe 1, rien à ajouter… Cette piste aura fait l’unanimité au sein du team, à noter que j’ai tout fait sur le vélo cette fois-ci, sauf le passage au dessus de la clôture éléctrique, une belle cascade bien ratée.

On récupère la voiture, petit repas au gîte avant de repartir au sommet du bike park. 150 m de D+ en vélo avant de regagner le fameux départ sur la dalle.

Loic nous fera comme à son habitude un otb en sortie de virage, quel plaisir de le voir tomber cet … Pardon je m’emporte! C’est un festival puisque Thibaut nous réalise à son tour une cascade à l’abri des regards sur la traversée de la plaine. Il tombe toujours quand il n’y a aucune difficulté.

Retour sur la route, un peu plus bas que la voiture, puis 200m de D+ avant de regagner le départ de la piste NOIRE « Lupin ». Cette piste aura été pour moi un bijou, mais je suis bien le seul. On retiendra son plus gros défaut: extrêmement engagée!!!

One love

La piste démarre également sur un point culminant de la plaine du premier télésiège. La première partie est un mono trace noyé dans les myrtilliers, roller coaster sur des pierres et dalles plutôt calcaires de mémoire, aux bords arrondis et non saillant comme l’ardoise. Beaucoup de relances dans la tourbe, enchainement de virages à plat, traversée d’une tourbière (inutile de vous décrire la beauté de l’environnement dans lequel on évolue).

Deuxième partie, la végétation est plus arbustive, quelques pins ont poussé aux abords des rochers qui modèlent le sentier. Le roller coaster est ici plus violent, il y a quelques réceptions à effectuer et de gros appuis à mettre dans les virages, sur une terre un peu plus lourde que précédemment. L’enchainement est très rythmé et c’est dans cette portion que je prendrai le plus mon pied à relancer.

La dernière partie est la plus corsée. Il nous reste peut être encore 50% de la distance à faire et on se demande comment cela va finir, le terrain est de plus en plus engagé et on s’enfonce dans le creux de la montagne, faisant de plus en plus sombre. Ici ça devient très technique et physique, cela demande beaucoup de réflexion de savoir où passer dans les devers tapissés de racines enchainant sur des parties droites dans la pente et accidentées. Les bras deviennent douloureux mais une fois dans la pente on ne peut plus s’arrêter. Malgré le risque, je suis confiant et prends mon pieds, s’en est même effrayant! Thibaut peste et nous traite de « gros malades », et nous ça nous fait rire. Max nous fait quelques tout droit avant de se réceptionner sur les fesses, rien de méchant. En tout cas, je vous félicite les gars! Même dans la difficulté vous gérez, on voit que ce n’est pas votre première fois.

Nous regagnons la route, aucune réaction, je crois que tout le monde est resté muet devant le niveau de difficulté, c’est vrai que ça manquait un peu de flow!!! 😉 Pour regagner La Thuile, nous faisons une chose interdite, nous prenons un chemin de promenade, bien balisé « Interdit aux vélos ». C’est impensable pour nous de descendre par la route. C’est une chose que nous ne ferons pas le lendemain avec le guide. Sur le moment nous n’avons pas réflechi, avec le recul, c’est un code de la circulation qu’il faut respecter, après tout, cela fait 3 jours que nous roulons sur des pistes qui nous sont exclusivement dédiées.

Aujourd’hui les élus pour une descente bonus sont Max et Loïc. Je ne me souviens plus laquelle ils ont descendu mais leur retour ne m’a pas marqué.

La récompense

Les années se suivent, et le niveau régresse… Ca a été difficile à accepter mais il faut bien avouer que le relief des Alpes est très hostile. Pour bien clôturer ce séjours et surtout rentabiliser le peu de temps resté sur place, nous avons choisi d’effectuer une journée navette. Nous avons fait confiance à la boutique Only Ski et n’avons pas été déçu. Le prix a été très attractif pour seulement 4 personnes avec un guide et un chauffeur.

Notre guide Dominic est très à l’écoute et comprends très vite ce que nous aimons. Il nous emmène faire la « Cambodgia », une piste connue que nous n’avons pas eu le temps de faire. Voila de quoi se chauffer un peu. Un départ sensiblement identique à « La Lupin », puis un profil enduro quelconque, de la terre, des racines, quelques épingles, c’est sinueux légèrement descendant. C’était mignon. Thibaut nous aura fait un petit otb tout mignon aussi dans une épingle. Les gars ont le sourire, c’était plus facile que la « Lupin ».

Inutile de vous dire que Dominic est bien meilleur que nous, cela aurait été malheureux tout de même. Il a un pilotage très pro, c’est fluide, léger, il garde sa vitesse pour s’engager dans les virages et laisser filer. Ah! en fait c’est un ancien pro! Tout s’explique. Lassé du rythme imposé par la concurrence.

Ayant retenu que nous étions des amoureux de la nature, il nous propose une descente à l’écart et beaucoup moins fréquentée. Seul problème une liaison d’une heure nous attend. Avec le sourire, Thibaut lui lance « 1H??? donc 2h pour nous! » Et il ne s’était pas trompé.

Chassez le naturel il revient au galop. Notre préférence reste l’itinérance.

Après avoir emprunté un chemin s’enfonçant dans une vallée interminable, nous voici sur un magnifique point de vue sur la Vallée de Courmayeur avec le Mont Blanc tout juste en face de nous, avec un ciel bien dégagé cette fois-ci.

A l’abri du vent

Nous venons d’effectuer 1000m de D+ à l’aveugle, sans le savoir et personne n’a bronché. Si c’était moi qui avait prévu une telle ascension je ne vous dis pas dans quel état Thibaut et Max m’auraient mis.

En attendant, ce point de vue mérite cet effort. Nous nous abritons du vent glacial contre le cairn le temps de contempler cette vue somptueuse.

Lors de notre ascension nous avons eu le temps de discuter et alors que nous réalisions que pour une journée navette vendue pour 7 descentes, nous allions en effectuer que 3 ou 4, on se dit que nous sommes une team unique, capable de choses encore jamais réalisées!!! Je me souviendrai longtemps de cette réponse claire et nette, sans réflexion de Dominic lorsque Thibaut lui a demandé si avant nous il avait déjà eu des groupes qui faisaient cette montée en plus de 2h: « Non! Jamais! » Avec un accent qui donnait un ton très innocent, pour nous bien sur, c’était une vérité dévoilée qui nous faisait bien rire.

Certains ne prendront pas la peine de monter sur le vélo pour ce premier « Pif Paf »

Le temps est maintenant venu pour nous d’attaquer la descente dans l’autre vallée. Le sentier est très étroit, à flanc de crête et débute par deux épingles très serrées à réaliser en trial. La première épingle est ratée, un poil trop tendu face au vide, surtout qu’il n’y a rien pour se rattraper ici. La 2e me vaudra les félicitations de la team. Puis un passage où la clairement c’est trop étroit, même Dominic ne passera pas.

La suite est sympathique, un mono trace en pleine pâture qui descend gentiment pour rejoindre le cours d’eau.

Nous nous arrêtons régulièrement pour admirer le paysage. Je ne suis jamais allé au Canada, mais le paysage et le bleu de la rivière m’y font penser.

De loin la plus belle sortie du séjour

Nous regagnons la route et sommes contraints de regagner Courmayeur par celle-ci. Après avoir grimpé 1000m de D+ en vélo, nous descendons 500m de D- par la route, nous le prenons merveilleusement bien, tellement nous sommes enchantés par ce que nous venons de voir.

Il est encore loin le chauffeur?

Nous traversons Courmayeur, qui contraste énormément avec La Thuile. Ce n’est clairement pas le même standing. Nous voici à 14km de La Thuile, et notre chauffeur nous attend en plein centre de Courmayeur pour une dernière navette. Nous aurons eu pitié de Dominic qui n’a mangé qu’un pauvre panini et qui doit encore rentrer à Aoste en vélo!!! Et oui ce qu’on a oublié de dire c’est que ce matin il avait 40km dans les jambes et il était plus frais que nous.

On se souviendra de cette dernière navette et ce poids lourd roumain doublé à 2cm du muret de soutènement. Après avoir mangé aux alentours de 15h30, pour cette dernière nous choisirons une descente facile et bien fun, la « Planey » du début à la fin avec une bonne revanche sur ce wall ride désormé un peu sec, sur lequel Thibaut aura campé au sommet!!! Finalement pour une journée facile avec navette, nous avons autant pédalé que la veille, environ 1300 de D+. Aucun regret, les guides étaient très intéressants et Dominic nous aura fait découvrir la plus belle sortie du séjour.

Un air canadien sur cette dernière journée

Toujours trop court

Un séjour splendide, des trails comme on les aime, en pleine nature, des paysages de haute montagne époustouflants, un village alpin typique et des habitants très accueillants. Pas sur d’avoir le même accueil à Courmayeur ou même à Aoste. Une météo finalement parfaite, comme quoi la météo est très capricieuse à la montagne. Un modèle de gestion des VTT pour nous français. Encore un exemple sur lequel s’inspirer. Nous nous rendons compte encore une fois que nous sommes très en retard dans notre pays, que nous sommes intolérents. Que nous sommes adeptes des interdictions, plutôt que de solutionner les problèmes liés à l’évolution de notre temps. Zones d’élevage, sentiers pédestres et bike park sont implantés sur tout le pourtour de la Thuile, la chasse n’y a donc naturellement pas sa place. En altitude les chemins sont libres, au dela d’une certaine altitude il n’y a d’ailleurs plus de routes qui desservent, ce qui régule la fréquentation. A proximité de la ville, marcheurs et vélos ont leurs sentiers dédiés. Le bike park est très bien fait, il comportent 22 pistes, de quoi en laisser pour tous les goûts, et nous nous y sommes parfaitement retrouvés avec 6 pistes enduros à notre niveau, rouge et noire, réalisées à la perfection. Il ne s’agit pas ici de nous laisser 5, 6 pistes typées DH et que tout le monde se battent avec ça. Quand les choses sont bien faites, on y trouve forcément notre compte et nous n’avons plus d’autre choix que de respecter les autres usagers et de leur laisser leurs chemins. Bien sur ici nous évoluons entre 1400m et 2600m, ce n’est plus la même échelle et les délimitations se font naturellement en fonction du moyen de locomotion, mais il y a tout de même matière à s’inspirer. Sans oublier, l’économie qui en découle, les boutiques, les pubs et brasseries. Après Finale Ligure et La Thuile, nous avons quand même de nombreux exemples où cela fonctionne parfaitement. Prochaine étape Ainsa en Espagne.

RVagabond

Une réflexion sur « En quête de flow »

  1. C’est vrai que ce séjour m’aura laissé de mémorables souvenirs. Mention spéciale à la montée sans fin de la vallée de Courmayeur qui est splendide. Ainsi qu’à la remonté au bike park dans la voiture de Loïc avec « Hurt » de Johnny Cash dans la voiture. Gros moment de mélancolie pour moi après toutes ces années avec vous. Je savoure toujours chaque seconde passée en votre compagnie.

    Je vous aime les gars !

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