Des vacances bien arrosées!

Petit retour en arrière sur sans doute ma plus belle destination à l’étranger, la Slovénie. Un voyage réalisé en juillet 2014, alors que notre site internet n’existait pas encore, que le temps passe vite! Et oui! il fut un temps où je voyageais à l’étranger avec mon vélo. Retour sur un road trip en solitaire vers l’inconnu.

Besoin d’aventure

La liberté d’aller à l’aventure vers l’inconnu, en intégrant un peu d’extrême avec le vélo, voici une phrase qui résume ce qui m’excite dans la vie. La Slovénie est une destination qui était prévue déjà pour 2010 en même temps que la Croatie, à cette époque je vivais sur Montpellier et une tendinite au poplité m’empêchait de faire du vélo. J’ai du être raisonnable et reporter cette destination. 4 ans que ce voyage était prêt et que le programme était resté bien au chaud dans mes papiers. C’est un article de vélo vert qui m’avait fait saliver, des photos de verdure à perte de vue, des dégradés de vert, un massif montagneux avec un point culminant à 2864m, le Triglav. Des rivières torrentielles bleues, des cascades, mais c’est surtout le lac de Bled qui m’attirait, qui laissait penser à un endroit de paix et de repos.

Comme dans tout article de magazine, un gros titre, des photos, c’est beau, ça donne envie mais concrètement rien. Aucune trace gps ni de carte qui pourrait nous diriger sur les sentiers à faire en vélo. Mes recherches ont donc consisté à trouver précisément où se trouvait chacune de ces photos. De cette façon j’ai pu me concocter un parcours. Je me suis concentré bien sûr sur les régions intéressantes pour le vélo, j’ai donc zappé l’Est du pays et la capitale très culturelle de la Croatie, Zagreb. Je me suis concentré sur le massif du Triglav et mon parcours à naturellement formé une boucle autour de celui-ci.

Voici donc mon parcours, Bled (ma priorité), la capitale Ljubljana, la ville portuaire, vénitienne et méditerranéenne de Piran histoire de voir la mer. Puis retour par le côté Ouest du Triglav en remontant la magnifique vallée de la Soca.

Carte de la Slovénie

Le concept: voiture et improvisation.

Juillet 2014, je suis à cette époque sur Paris, ma tendinite n’est plus douloureuse depuis fin 2011, on a reprit petit à petit le vélo, et on va pouvoir tenter un séjour avec de grosses journées de pédalage. Direction les Vosges avec une halte à Remiremont chez la famille, puis déjà à cette période un petit repérage sur Colmar avec un entretien d’embauche prévu à mon retour mais qui restera sans nouvelles. Il pleut énormément sur Colmar durant ces 2 jours, pourtant réputée pour être la ville avec le moins de précipitations à l’année, équivalentes aux villes du Sud, c’est d’ailleurs attirant pour être paysagiste. La ville est morte mais sans doute à cause de la pluie et des départs en vacances. On ne fera pas de vélo ici à cause de la pluie, on trace la route.

Une halte était prévue à Munich mais la pluie me poursuit, on continue de rouler jusqu’à Salzburg, 4e plus grosse ville d’ Autriche avec 150 000 habitants. Il fait gris, il pleut toujours mais la ville est attrayante. Je passe donc la journée à la visiter, à pied dans le centre ville, en vélo sur les hauteurs périphériques. C’est une très belle ville aux apparences bourgeoises, certains couples autrichiens se baladent en tenue traditionnelle. Le soir, les habitants de Salzburg se mettent sur leur 31 pour fréquenter les nombreux bars select de la ville.

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Je prends la route de nuit pour aller à Hallstatt dont le paysage culturel est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. C’est une ville autour d’un lac et dans les montagnes, je n’en sais pas plus. La route est interminable, plus longue que ce que je pensais, sur la carte ça paraît si petit. Je m’aperçois que la montagne occupe une très grande partie de l’Autriche. Ce qui allonge les temps de route. J’arrive en pleine nuit, il fait très froid et il pleut toujours. Je ne vois pas du tout où je suis, je suis garé au bord de la route qui surplombe le lac, en pleine forêt. Parfait pour passer la nuit. Surprise au réveil, le cadre dans lequel je me réveille est magnifique! C’est toujours agréable de se réveiller dans un endroit inconnu… Sans forcément prendre de cuite la veille je précise!!!

Rapide visite de ce village de 800 habitants à l’architecture très étonnante, coincé entre un lac et la montagne abrupte de 3000m.

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Arrivée en Slovénie

Je reprends la route en milieu de matinée direction la frontière Slovène et ma potentielle escale à Kranjska Gora où se trouve un Bike Park réputé pour avoir accueilli une manche de coupe d’Europe de DH. J’y arrive en début d’après midi, la ville ne m’attire pas plus que ça, mon inconscient s’empresse de voir Bled qui se trouve maintenant très proche d’ici. Au pire j’y retournerai au retour.

Je passe Bled en fin d’après midi, juste le temps d’aller au camping et à l’office de tourisme de Bohinjska Bistrica, située entre les lacs de Bled et Bohinj.

Coup de bol, le mec de l’office de tourisme est un jeune qui me parle de son Commencal (marque de vélo). Je lui achète quelques cartes des environs, il me montre quelques trucs à faire en vélo mais n’ose m’en dire d’avantage car il m’annonce que le « mountain bike » est interdit en Slovénie. Première nouvelle, c’est pour moi impensable, j’ai mal compris son anglais, c’est impossible!!!

Une éclaircie sur le lac de Bled

Je reste quelques jours sur Bled, c’est un endroit magnifique même si le temps n’est pas terrible, de la pluie, quelques éclaircies, c’est limite mais ça se maintient. Je repère les cascades à voir dans les environs, c’est une première base pour mes itinéraires vtt. Les photos que l’on voit de Bled laissent penser à un endroit perdu en pleine nature, en réalité c’est un endroit avec beaucoup d’infrastructures pour les touristes, la ville de Bled est assez bourgeoise avec ses hôtels de luxe et son casino. Un peu à l’image de Gérardmer, mais cela reste tout de même un endroit magnifique.

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Je suis les conseils du jeune de l’office de tourisme, je prends le funiculaire du lac de Bohinj pour faire la descente qu’il m’avait conseillé, je suis dégouté, ce n’est que du chemin large.

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Un peu de ville

Je reprends la route, direction Ljubljana, on met le vélo de côté pour faire un peu de visite urbaine. 2 jours dans la capitale, beaucoup de pluie qui continue de gâcher mes vacances. Heureusement l’auberge de jeunesse est classe, avec son bar et de la bonne bière artisanale (je n’aurais d’ailleurs jamais trouvé la brasserie). Ca change de la Lasko (Méteor slovène)! J’apprendrais aussi que les slovènes aiment beaucoup notre chanteuse française Zaz! Je me souviens avoir monopolisé la chambre et ses 3 lits superposés pour étendre mon linge trempé.

Ljubljana est une capitale très nature, où il fait bon vivre, j’adore cette ville, s’y balader est très agréable. Beaucoup de terrasses de bars, restaurants, des ruelles dont ils ne faut pas avoir peur de s’y engager, on y fait de belles découvertes, des patios de restaurants et bars arborés parfois intimes parfois bondés de jeunes. Un régal cette capitale. Les façades du centre ville refaites à neuf contrastent avec les façades délabrées à l’extérieur.

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La pluie est incessante, mon moral est sérieusement attaqué, dernière tentative avant de déclarer forfait et rentrer en France, descendre jusqu’à Piran où je trouverai normalement le climat méditerranéen. Sur la route je m’arrête pour une journée vélo sur les falaises de Postojna.

Les falaises de Postojna

Une belle trouvaille, un nouveau paradis. Ici la forêt et les chaumes fleuries dominent. Très peu d’habitations, quelques fermes auberges. Les sentiers ici me font saliver, de la pierre, des fleurs… Seul bémol, les pierres sont ultra glissantes ce qui rend les sentiers impraticable. Très vite je me retrouve sur la fameuse falaise avec le sentier qui longe le précipice, magnifique! Un nuage très menaçant se rapproche, celui là va faire mal, j’arrive à la chapelle pour m’abriter mais trop tard, je suis trempé. Je garde le moral tellement le coin est magnifique. Le sentier est désormais inondé, cette averse était impressionnante, tant d’eau en si peu de temps. Pas d’autre choix maintenant que de faire demi tour pour regagner la voiture.

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J’arrive au camping de Piran, ambiance méditerranéenne, grand soleil, 30 degrés, maillots de bain, lunettes de soleil, je retrouve le sourire. Le camping est noir de monde, pas évident de trouver une place.

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Le lendemain je prends le vélo pour visiter la ville. Le vélo, ça aide pour aller sur les hauteurs de la ville.

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Le temps se dégrade très vite, et je me retrouve coincé dans une pizzeria le temps que la pluie tombe de nouveau. En sortant je constate que la ville est inondée, la plage déserte, et le camping… également! Quel contraste en si peu de temps. Ma tente se retrouve toute seule. Comme si j’amenais la pluie avec moi.

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Cette fois ci c’est décidé, je rentre sur Paris, ce n’est plus tenable, je commence à accumuler le linge mouillé étendu dans la voiture qui ne sèche pas depuis maintenant une semaine.

La dernière chance

Au réveil je ne perds pas de temps, je charge la voiture est décolle vers le nord. Le temps reste pluvieux et gris, déprimant. Je fais escale à Tolmin. Le camping est désert, je pensais même qu’il était fermé. Le mec du camping me demande combien de temps je souhaite rester, je me souviens lui avoir répondu dépité, « i don’t know, maybe one day or two… Last question, where i can put my tent? » « Everywhere » il me répond. En regardant bien, effectivement!

Seul un camion de français est là, ça réchauffe un peu le coeur de voir un couple de jeunes français ici. J’apprendrai très rapidement qu’ils étaient là pour un grand festival de heavy metal (metalcamp) mais aussi pour le parapente. Il y a d’ailleurs un grand festival reggae qui suit au 15 aout (overjam raggae). Apparemment Tolmin est une destination très réputée au niveau européen pour le parapente. Ce couple vient ici tous les ans, et ils connaissent très bien Victor, le gars du camping.

Au moment où je m’installe, le soleil fait son apparition, enfin une lueur d’espoir, j’en profite pour étendre tout mon linge y compris la tente. Il était temps car une sale odeur de moisi commençait à envahir la voiture.

Un camping pour moi seul.

Effectivement, chaque soir on entend la musique du festival qui est au bord de la rivière en contrebas. Chouette ambiance dans cette vallée. La réception du camping est en réalité un peu le bistro du coin où tous les soirs tout le monde se rassemble pour papoter. Une amitié se créée rapidement avec Victor. C’est quelqu’un de très accueillant, curieux, tous les soirs à mon retour il me demande ce que j’ai fait aujourd’hui en vélo. Dès le 2e jour, il me présente 3 jeunes du village qui font du vtt, des habitués de chez Victor. Me voici à leur table autour d’une bière. Et voilà qu’à leur tour il m’explique que le vtt de montagne est interdit, je ne comprends toujours pas pourquoi mais ils m’expliquent que dans le village tout le monde se connait et que du coup personne ne dénonce. Ils me donnent quelques itinéraires à faire et organisons un rdv pour rouler ensemble qui ne verra jamais le jour. J’ai d’avantage bu de la bière que roulé avec eux.

C’est ici que j’apprendrais que la Croatie qui à un climat méditerranéen sur une bonne partie du pays, subit d’énormes inondations. Un épisode pluvieux apparemment historique en Europe. Je comprends mieux.

Le soleil persiste, le moral revient et je prolonge mon séjour. Cette destination est un véritable coup de coeur. Le camping se remplit très rapidement au fil des jours depuis que le soleil est là. J’organise toujours mes sorties vélo en fonction des points d’eau, j’essaie de longer la Socca, de voir les cascades.

Les gorges de Tolminka, nous résume la beauté de la Slovénie, une nature luxuriante et sauvage sur l’étendue du pays.

Je rencontre aussi un couple d’Autrichien de mon age qui que donne quelques itinéraires enduro à faire. Même chose, nous n’avons pas réussi à se revoir pour rouler ensemble.

Nous trouvons en Slovénie de nombreuses gorges, chutes d’eau comme ici les gorges de Tolminka

Je réalise que cette vallée est un point de rdv européen pour les passionnés de sports de pleins airs, parapente, vtt (beaucoup de boutiques de location alors que c’est soit disant interdit), sport d’eau, escalade… Mais surtout le parapente, il n’y a que ça au camping. Tolmin et Kobarid sont les 2 villes les plus attractives de la vallée.

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Je sympathise également avec le couple de tchèque à côté de moi venu quelques jours pour le parapente.

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Je serais finalement resté une semaine ici, un vrai coup de coeur, beaucoup de rencontre entre passionnés de sports de plein air, une vallée très nature et calme, avec de nombreux festivals de musique l’été. Je repars avec une adresse de logement à Vienne et Prague!

Je reprends la route vers le nord, histoire longer la Socca et découvrir ce qui reste à voir. La route est un spectacle permanent.

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De retour à Kranjska, la boucle est bouclée, je fais quelques reconnaissances de piste dans le bike park, mais rien de très attirant, de la DH quoi! Des pistes larges, lisses, quelques racines par ci par là, aucun rocher, quelques modules bois faits à l’arrache. De mon point de vue ce bike park ne vaut pas le coup. Il est maintenant temps de rentrer.

Une destination encore plus belle en vraie!!

La Slovénie est pour moi un vrai coup de coeur, sans doute ma plus belle destination de voyage. Une destination qui s’adresse aux amoureux de la nature. Les paysages sont pures, ils s’apparentent à un décor de dessin animé, parfaitement vert et propre. Ljubljana est la capitale la plus agréable du monde. Piran est une ville portuaire très charmante. Malgré la pauvreté du pays, les slovènes sont très souriants et accueillants. Le tourisme n’y est pas très développé ce qui rend le pays vraiment authentique et très économique pour nous français. La Slovénie est un réel contraste face à la Croatie sur tous les plans. Pour toutes ces raisons, la pluie n’aura pas réussi à gâcher mon séjour.

Niveau vélo, j’en ai pris plein les yeux mais je n’ai pas vraiment pris mon pied. Il y a du potentiel mais les sentiers ne sont adaptés à ma pratique, c’est une très belle destination mais je n’ai pas encore trouvé les bons sentiers, il faudra que je revienne. Concernant l’interdiction, le vtt est interdit plus précisément sur les chemins de montagne, même si j’ai pu avoir quelques remarques en anglais ou slovène, je n’ai pas vraiment ressenti cela chez les gens. Une interdiction qui vise à dissuader, sensibiliser et responsabiliser mais qui n’est pas appliquée.

Pour finir, 2014 a connu des mois de juillet et août  avec des précipitations 2 fois supérieure à la normale, avec le mois de juillet le plus arrosé depuis 1959!!!! Des vacances estivales qui ont été arrosé!

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