Week end Bas-Rhinois.

L’aventure, la découverte, les sensations lorsque tu te mesures aux contraintes de la montagne. Voilà ce qui me pousse de nouveau à partir 2 jours avec le vélo. Attiré par l’inconnu, mais avec tout de même une organisation déjà réfléchie et planifiée quelques mois à l’avance.

La période estivale aura été bien chargée, cela repousse jusqu’au week end du 1er octobre, en espérant qu’il ne fasse pas encore trop frais et pluvieux comme chaque automne.

Une stratégie bien pensée mais…

L’idée, partir d’Osenbach et laisser la voiture à la gare de Barr. De là, nous prenons nos montures ainsi que l’équipement pour 2 jours. Nous prendrons le train jusqu’à Schirmeck pour réaliser une boucle en passant par le temple du Donon et le rocher de Mutzig pour enfin dormir sur place. Le lendemain, nous suivrons grosso modo la GR5 qui passe par le Struthof, le champ du feu, Le Hohwald, l’extrémité Sud du Mont Sainte Odile avant de rejoindre Barr et la voiture.

Ce qui représente 2 journées équilibrées et plutôt faciles malgré un portage pour accéder au temple et au rocher le samedi. Il faudra quand même se lever tôt le samedi pour intégrer le transport en train d’une durée d’1h30 contre 30 min en voiture!!!

Jour J

Le départ est fixé à 7h30 pour le train de 9h à Barr. Cependant la semaine de travail a été épuisante pour moi et apparemment pour Fred également.

Je me réveille à 8h sans entendre le réveil ni Fred frapper à ma porte. J’envoie un message à Fred et me prépare en vitesse. Je charge la voiture et passe voir où en est Fred, celui  ci sort la tête de son volet les yeux à moitié fermés. Le week end démarre fort, aucun de nous 2 n’a réussi à se lever.

Cela nécessite de s’adapter puisque le prochain train nous amène à Schirmeck pour 13h30! Nous irons donc en voiture directement sur place, pour arriver à 11h et boucler le programme. Cette nouvelle organisation fait la joie de Fred qui pourra alléger son sac de voyage.

Jour 1, Schirmeck… Schirmeck!

Départ brumeux avec un taux d’humidité très important, nous avons cependant de la chance puisque la pluie annoncée toute la journée n’est pas au rdv.

Un peu de route pour sortir de Schirmeck (350m d’altitude) puis nous arrivons très vite sur du single très sympathique et amusant pour grimper au col du Donon. Nous sommes donc très satisfaits de ce départ,  même si nous ne sommes pas encore bien dans nos baskets.

Un début de journée catastrophique puisque cela fait à peine 3O min que nous sommes partis, et nous comptabilisons déjà une chute chacun. A ce rythme là nous n’irons pas loin. Pour moi tout est ok, Fred a déjà un bel hématome à la cuisse. Fred qui tombe c’est énorme à voir puisque ça arrive 2 fois par an.

Plus on monte plus la brume est épaisse et lourde. 800 m, le chemin est large, parsemé d’énormes rochers, il faut porter. Je deviens impatient d’être en haut pour voir ce fameux temple et attaquer la descente.

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Nous voici au Donon (1000m), ici nous avons droit à une pluie fine et un vent glacial qui nous fera prendre le pic nique plus bas. Aucun point de vue, la brume est opaque.

Le temple du Donon
Le temple du Donon

Nous attaquons la descente, et surprise! Première fois de ma vie que je dois porter le vélo en descente tellement le sentier est étroit et impraticable. Même le portage est pénible avec tout ces arbres.  Seuls les 50 derniers mètres sont réalisables sur le vélo, et seulement si nous possédons un sacré bagage technique, sans rappeler que le sol est humide et glissant.

13h, après une heure pour descendre, la pause déjeuner se fera dans un abri à 800m. Décus par la descente et la vue, mais nous gardons le moral, le vélo en pleine nature c’est quand même ce qui nous rend heureux. Nous attaquons une longue liaison plate et sans intérêt en direction du rocher de Mutzig, au passage de bonnes clotures à gibier à escalader avec les vélos, une portion très étroite dans laquelle il faut de nouveau porter, même à pied c’est assez pénible d’avancer.

Enfin un point de vue, profitons en!
Enfin un point de vue, profitons en!

Dernier portage de 100m de d+ avant d’arriver au sommet et toujours aucun paysage à se mettre sous les yeux.

Le monochrome de Whiteman!
Le monochrome de Whiteman!

Pour le moment cette journée n’est pas une réussite, les conditions sont horribles, pluie fine depuis notre départ, beaucoup de sentiers étroits et très accidentés, pénibles même à marcher.

Voici sans doute le meilleur passage de la journée en terme de vélo, la descente jusqu’à la porte de pierre. Nous n’avons pas croisés grand monde aujourd’hui, on va pouvoir s’en donner à coeur joie, c’est l’avantage d’une mauvaise météo. Arrivée à la porte de pierre, nous attaquons une partie de la GR méconnue et déconseillée auparavant car très accidentées.

Effectivement, de nombreux rochers nous barrent le passage, certaines choses passent mais je dois avouer qu’il faut souvent sortir les pieds ou encore porter le vélo pour franchir quelques rochers, malgré il faut le dire notre bonne maîtrise technique.

La pluie fait le charme des Vosges.
La pluie fait tout le charme des Vosges.

Nous arrivons sur une portion paradisiaque, une forêt de hêtres, des rochers recouverts de mousse, un cadre intégralement vert vif! Une séance photo s’improvise malgré une pluie qui s’intensifie.

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Une pluie qui s’intensifie.

Nous sommes dans la dernière descente avant d’arriver à la voiture, le temps de ranger l’appareil et des sceau d’eau nous tombent dessus. Nous sommes à 600m, nous sommes très vite trempé, j’accelère le rythme pour rentrer au plus tôt à la voiture. A 400m d’altitude nous sommes sur un sentier relativement descendant et très rapide qui suit le vallonnement des montagnes, nous arrivons au creux de la vallée à 270m, il nous reste quelques km à faire sur la route et toujours sous la pluie pour regagner la voiture.

Voici le moment le plus désagréable, se changer, mettre des habits propres sans les pourrir à leur tour et sans pourrir la voiture. Alors que je suis en slip sur le trottoir prêt à mettre mon pantalon, les fesses tendues vers la route, une voiture s’arrête pour demander sa route, je ne vois meme pas la tete du conducteur mais lui dit gentillement que ce n’est pas trop le moment!! Ca n’a pas l’air de le déranger de voir mes fesses. Il y a des gens étranges sur cette planète.

Après la douche au CISVB de La Claquette, nous irons manger dans un bon petit restaurant, « Les petits plats de mamama » à Rothau. Une très bonne adresse que l’on conseille. Eh oui! quand on part en vélo on ne s’en fait pas!

Pour se rassurer avant de dormir, on se renseignera sur les trains à Barr pour demain. Nous avons l’embarra du choix, 15h15, 16h20, après ca la correspondance à Molsheim passe à 2h pour 1h de train.

Jour 2: Schirmeck-Barr.

Dans la chambre, pas de chauffage, le lendemain matin c’est avec des vêtements toujours mouillés qu’il faudra se rhabiller. On aura quand même limité les dégâts avec le papier journal dans les chaussures.

Après avoir déposé la voiture à la gare, il est 10h, toujours frais et venteux avec une atmosphère toujours humide, on se réchauffe très rapidement dans l’ascension au Struthof (non ce n’est pas un plat typiquement alsacien bien bourratif). De 300m à 800m, au passage nous visitons l’ancienne chambre à gaz qui calme l’ambiance.

A partir de là, je calme le rythme car je sens que le Fred, devenu mon photographe personnel, n’a plus la même condition physique qu’hier. Nous continuons de grimper jusqu’à la réserve biologique du Champ du feu (1077m) dans laquelle le vtt est interdit, ce qui me paraît une évidence, à noter qu’il y a quand même une route départementale qui coupe la réserve en 2! Enfin bref! Le sentier de Schirmeck au Champ du feu aura été très sympa, nous n’avons pas vu le temps passer. Il est midi, la première ascension est faite, le contrat est rempli, nous sommes dans les temps.

Nous ne nous éternisons pas puisque nous sommes à découvert et le vent est violent et glacial. Nous attaquons la descente qui rejoint le Hohwald en passant par la source et la cascade de l’Andlau.

Cascade de l'Andlau
Cascade de l’Andlau

Beaucoup plus de marcheurs ici, nous faisons donc preuve de vigilance et de politesse. Fred prend son pied, pour moi le sentier est un peu trop linéaire et large, mais je reconnais que le cadre est sympa, ca se descend bien et très vite nous nous retrouvons à 550 m d’altitude dans le Hohwald.

Le soleil fait maintenant son apparition, petite pause déjeuner et bronzage dans les espaces verts du village. 13h30, c’est reparti pour la 2e ascension au Welschbruch (780m! du pipi de chat!). Le sentier est toujours aussi sympa, et très rapidement nous arrivons au pied du Kienberg. Il est 14h, je me permet un petit extra, 100m de portage pour un point de vue au sommet du Kienberg. Fred ne me suit pas et m’attendra un petit quart d’heure au prochain carrefour. Le club vosgien indique 25 mn de marche, et c’est en 15 mn avec le vélo sur le dos que j’arrive en haut. Très joli petit sommet et point de vue.

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Le sentier sera beaucoup moins interessant, avec une quinzaine d’arbre en travers à enjamber, laissés par nos amis les bucherons.

Nous quittons la GR5 à cet instant car nous arrivons sur un site très touristique et très fréquenté par les marcheurs, le Mont Sainte Odile. Personnellement, je n’apprécie d’ailleurs pas franchement la pratique vtt sur ce domaine.

Le kiosque Jadelot
Le kiosque Jadelot

Nous le contournerons par le Sud sur des petits sentiers non fréquentés séléctionnés par mes soins. Cette dernière portion sera la cerise, car jusqu’ici, le spicy se sera un peu ennuyé, le profil aura été all-mountain, voir cross country, enfin un single un peu plus engagé et enduro.

Arrivée dans Barr, on tombe en plein coeur d’un carnaval, la Fête des vendanges. Impossible de retrouver Fred, je suis avec mon vélo dans la foule et impossible de voir où je vais ni de sortir de là. Je retrouve Fred avec difficulté à la gare. Le train de 15h n’est pas venu, le prochain est à 16h40!! Les horaires ont changé depuis hier, les trains sont toutes les 2h. Bon! il ne nous reste plus qu’à retourner dans la foule pour prendre une bière. 17h10, nous voici pour 1H de correspondance à Molsheim ou Mollechyme pour les parisiens. Et que fait on pour tuer le temps? On part prendre une bière en ville. Nous voici à la voiture à 19h. 4h sont passées depuis notre arrivée à Barr. Il faut quand même faire preuve de beaucoup de patience pour prendre le train.

En résumé

Encore un week end réussi, 2 parcours bien dosés en termes de difficulté et d’endurance. 40 km pour 1300 et 1550m de d+. Malgré des conditions rudes sur la première journée, la pluie, le vent, de nombreux portages y compris dans les descentes mais notre bonne humeur était plus forte. Le massif des Vosges est vraiment magnifique, et peut être même plus par temps de pluie!

Ps: Je n’ai pas parlé d’Alsace ou Vosges, j’ai bien dit « massif »!!! 🙂

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RVagabond

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