Enduro de Giromagny 2016

Pour la 2e année consécutive, me voici d’attaque pour l’enduro de Giromagny, mon coup de coeur de l’année 2015. Après 2 enduro catastrophiques dans la boue cette année, enfin! oui, enfin! Ma première épreuve sur le sec cette année!

Une team organisatrice jeune et déjantée qui sait faire des enduros pas comme les autres. Tous les ingrédients sont là pour rouler détendu, de la musique bizarre sur les ravitaillements, des petites plaisanteries avant le départ, des départs en groupe autorisés… Un enduro sans gros danger, on roule sur de la terre, de la terre et de la terre, le kiffe complet au mois d’aout dans les Vosges.

Jour 1, le rituel de la mise en jambe.

Comme d’habitude, je n’aime pas faire la route pour rien, j’ai une heure de route d’Osenbach donc je décolle le samedi pour me faire une petite mise en jambe. Cette année l’impératif est de dormir sur place, faire de la route avant une épreuve ce n’est plus de mon age.

Samedi c’est canicule, 35 degrés, après une grasse mat’, je prépare la voiture tranquillement, tant pis si on part trop tard pour rouler car c’est intenable. Je prends finalement la route à 15h je suis dans les temps pour une petite sortie en arrivant. Au passage je me renseigne pour le camping de Masevaux.

L’interdiction des reconnaissances est clairement spécifiée dans la newsletter de l’événement, je joue le jeu et pars rouler au lac d’Alfed, sur mes petits trails favoris. J’arrive au lac d’Alfed à 16h, et comme un jour de canicule, c’est noir de monde! Tant mieux, la bronzette c’est pas mon truc, je vais avoir les sentiers pour moi tout seul!

Les lacs sont toujours aussi mal fréquentés, c’est malheureux de voir ça, de voir ces gens profiter sans se préoccuper de leur impact. Les lacs s’apparentent à une piscine municipale gratuite où tout est permis car non surveillée, et où l’hélicoptère de la sécurité civile y fait sa venue au moins une fois par an.

Un début prometteur!

Je prends le vélo et très vite je me retrouve tout seul, les gens sont tous entassés au lac. Finalement c’est assez agréable, la route est ombragée. Je commence par monter sur la route jusqu’à 900m d’altitude pour essayer un single encore méconnu. Il fait beau, le terrain est sec, je jubile.

Retour au calme
Retour au calme

J’attaque les premiers mètres de la descente, un single qui descend gentillement, légèrement sinueux mais étroit. Je n’ai aucun feeling, sur les 100 premiers mètres je me rends compte finalement que le terrain est trop sec, ma roue arrière sort du mono trace, je contre braque et c’est déjà la chute. De quoi bien mettre le doute pour demain. Finalement ce n’est pas mieux que de rouler dans la boue, le terrain est maintenant trop sec, jamais content ce Hervé, toujours des excuses. Je ne maîtrise rien, dans les virages c’est full straight. J’arrive dans la vallée de la Doller en limitant la casse dans chaque virage, pas très plaisant.

Une rencontre atypique

J’insiste et remonte au Grand Langenberg à 1100 m pour refaire une de mes dernières belles trouvailles, le sentier de la cascade. Je remonte par la route forestière, je ne croise toujours pas un chat, c’est très long mais je suis à l’ombre et c’est calme. J’arrive sur la route au départ de mon single, je décide de sortir la carte ign pour essayer de modifier mon retour à la voiture, lorsqu’une nana d’un certain age en vélo sort de nulle part et commence à me raconter sa vie, ainsi qu’à me lister un à un tous les sentiers sympas des environs (et Dieu sait qu’il y en a ici) et toutes les épreuves vtt à faire dans la région de Belfort. Elle est gentille, mais j’aimerais me concentrer sur ma carte car il est déjà 19h passé. Pour finir elle me dit qu’elle n’a pas de voiture et qu’elle rentre sur Belfort. Pas stressée ni pressée la dame!!!

Je descends donc ce sentier un peu plus humide que le précédent, mais rien à faire, je n’arrive pas à me rassurer et à me sortir les doigts du ***. Rien à faire c’est décidément trop sec.

Sur le chemin je me fais quelques extras histoire de m’amuser un peu. Au final, une mise en jambe qui va en faire sourire plus d’un, 1185m de d+ pour 25,5 km. Je suis encore frais, moi qui m’étais abstenu de rouler cette semaine, une stratégie d’avant course qui porte ses fruits. Malgré la température, je n’ai pas trop transpiré,j’étais abrité du soleil tout au long de ma sortie. Content de moi, j’ai bien choisi mon itinéraire.

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J’arrive au lac d’Alfed pour le coucher du soleil. Trop tard pour prendre une bière à l’auberge, il est temps que je pense à placer le camp pour passer la nuit, j’opte pour le même endroit que la dernière fois et ainsi être sur place pour demain. Cela m’ennuie de faire 20 min de route pour retourner à Masevaux, et surtout m’éloigner du point de départ de demain, avec le retrait des plaques à 7h du matin.

Petite bière fraiche dans la glacière, barbecue sac à main et lampe camping gaz. Déçu de retrouver cet endroit dans un sale état, moi qui avait tout nettoyé et ramassé tous les papiers lors de ma dernière venue il y a 1 mois, juste après la course de côte.

Une nuit agitée

Il est 23h je suis prêt à me coucher, quand j’entends le tonnerre gronder en altitude. Oh oh!!! J’espère que la tente va tenir. Le vent se lève, la tente bouge dans tous les sens, et d’un coup c’est la dégringolade, je reçois même quelques gouttes et les bords de la tente sont vite trempés. Je ne m’inquiète pas plus que ça je sais que cela ne vas pas durer, au contraire je suis plutôt heureux de cette averse, comme si les cieux avaient entendu ma demande, une bonne pluie cette nuit pour mouiller cette terre aride et donner du grip au vélo demain. La pluie et le tonnerre s’arrêtent 30 min plus tard. Yes!!! Juste ce qu’il fallait pour demain, les conditions seront parfaites, cette fois ci je n’ai plus d’excuses.
Je profite de ce calme pour m’endormir, sauf qu’une heure après rebelote pendant peut être une heure, il est sûrement très tard et je ne dors toujours pas avec ce vacarme sur la tente.

Jour 2, le grand jour!

Le réveil sonne à 5h30, je l’éteins avec l’intention de me lever. Trou noir… Je me réveille finalement à 6h30! Mince il me reste 30 min pour tout remballer dans la voiture et faire la route pour monter à la station de ski de la Gentiane. Je zappe le petit déj, je le prendrai sur le parking après avoir retiré ma plaque. Malgré la précipitation, je prends le soin de ne rien laisser derrière moi.

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Un réveil humide

Arrivé là haut, de la bonne musique pour se réveiller nous attend. Le retrait de la plaque se fait en 5 min malgré la foule, efficace le Giromagny Enduro Team.
Départ à 9h25, cela me laisse du temps pour le petit déj et préparer le vélo.
Je sors le réchaud, la cafetière magique, la tarte aux mirabelles maison et tout le reste, de quoi en rendre jaloux plus d’un sur le parking.
De la pente sévère est annoncée sur la spéciale 1 et 2, je durcis donc un peu la pression de la fourche, je contrôle la pression des pneus, terre meuble annoncée, je gonfle dur mais pas trop, 1 bar 8, de quoi pouvoir écraser un peu les pneus dans les appuis.

La course

Départ donc depuis le Ballon d’Alsace (ou Ballon tout court pour embêter les alsaciens) à 1057m pour une arrivée à Giromagny à 471m. 30 km, 1700m de d-, 1100 de d+ sur 5 spéciales. 4 spéciales d’environ 2 km et la sp 2 de 1 km. Autant dire que le programme n’est pas chargé, cela laisse la chance même aux moins costauds. Les enduros non officiels tendent vers des formats de plus en plus faciles pour plus de descentes. Les liaisons ne sont plus là pour entamer notre capital physique. Pas la peine d’être affuté pour espérer pouvoir rouler la dernière spéciale encore à fond.
Une navette est prévue après mangé pour nous remonter à la voiture. Bien pensé, on peut laisser des affaires de rechange dans un sac à l’organisation pour les retrouver à notre arrivée.

Départ première liaison.
Après quelques mètres je vois un vélo abandonné sur le bord du chemin, dans la même direction, pas très loin derrière un arbre je vois un short orange fluo en train d’être remonté. Ah! tiens, certains sont déjà stressé! Au passage je dis à son pote qui l’attend que le orange fluo ce n’est pas très discret.
Nous faisons quelques km sur un chemin large légèrement montant, pour passer de 1051 à 1071 m en passant par l’auberge du Wissgrut où un petit déjeuner nous sera offert. Il sera très bref pour moi.

Un peu plus bas dans la prairie, un départ digne de la Redbull Rampage nous attend, arche gonflable Redbull et drone.
L’ambiance est au rdv, le donneur de départ est plutôt blagueur avec une allure très détendue, ceux qui ont campé comme moi finissent leur nuit dans l’herbe. Tout est fait pour relâcher la pression et rouler cool.

SP1

Hum! Un départ dans l’herbe. J’adore, de bon matin, ça doit bien glisser.
Beaucoup veulent partir fort, trop fort, et ça ne rate pas, beaucoup finissent couchés dans le premier virage ou transpercent la rubalise. Malgré ma mauvaise nuit, j’ai l’air beaucoup plus lucide que certains. C’est officiel, les gopro sur le casque sont interdites maintenant sur tous les enduros, comme par hasard depuis l’accident de Schumi.

Je respecte mon ordre de départ, c’est à dire 10h10. Je pars normalement, l’herbe mouillée je n’aime pas ça. On arrive très vite dans le sous bois, on commence à appuyer un peu plus, sans aller trop vite tout de suite, je me laisse le temps de tester le grip dans les virages et mes sensations. Je suis pas trop mal, je me sens bien, la pluie a fait son effet c’est parfait, une terre fine qui colle légèrement au pneu. Je continue de rouler correctement sans faire de folies car la terre meuble c’est pas mon truc, c’est mou ça nous ralentit, on ne sait pas ce qui se cache en dessous. Sans oublier qu’ils nous ont annoncé de la pente en fin de spéciale, donc on reste vigilent, prêt à ralentir. En milieu de spéciale, un bon coup de cul longeant la liaison 2, au passage j’entends les réactions des pilotes. Visiblement ma relance en sortie de ce coup de cul impressionne. Le panneau « Danger » en ligne de mire, on ralentit. Outch! Ah oui! La pente est surprenante! Je veille à lâcher les freins dans les épingles et laisser le vélo descendre en contrebas, tout en appuyant sur l’arrière du vélo, la terre meuble devrait stopper le vélo en sortie de virage.
Quand il y a de la pente, le profil du terrain est toujours le même en enduro, une enfilade d’épingles entre les arbres pour arriver en bas tout en douceur (quand ça se passe bien). Sauf que là, c’est interminable, l’effort prolongé commence à se sentir dans les cuisses qui maîtrisent l’arrière du vélo, dans les bras qui doivent garder le cintre dans la bonne trajectoire, sans compter les avants bras tétanisés sur les freins pour garder une vitesse régulière. Et pour finir, un mur de plusieurs mètres de haut avec un bon virage à gauche en contre bas avant d’aller pointer la puce. J’adore aussi dans ces moments où en contrebas tous les mecs t’attendent et te disent « c’est bon vas y, mets tout le poids du corps en arrière », qu’ils sont mignons. Et après je fais quoi? je continue de descendre tout droit? Interdiction formelle de toucher aux freins dans ces moments et je me le répète dans ma tête, je ne m’occupe pas de la pente je laisse le vélo gérer cela, par contre moi je vise le virage en bas, amortir le choc à la réception et mettre le pied d’appui du bon côté pour orienter le vélo. Rigoureux jusqu’au bout et bingo! Une première spéciale à un rythme correcte et sans fautes. Une première spéciale que je n’ai pas vraiment appréciée, de la pente, de la terre meuble, bref, rien à mon avantage. Mais je suis resté concentré, le regard loin devant, centre de gravité abaissé et jambe d’appui toujours du bon côté, voici les règles d’or que je me suis répétées tout au long de cette spéciale.
Je reste un peu en bas pour voir quelques mecs arriver, et beaucoup paniquent, s’arrêtent en haut du mur et arrivés en bas ils en oublient de tourner et s’arrêtent en catastrophe.
Grosse surprise, je fais le 77e meilleur temps sur la spéciale que j’aimais le moins. J’étais sans doute mieux réveillé que les autres et peut être plus à l’aise dans la pente.

5:19:88         Meilleur temps   Oget 4:11:69

Nous voici à 775m, et on attaque direct par un portage pour arriver à 845m. Ca, ça calme. Aucun pédalage dans cette liaison.

SP 2
Même profil que la précédente mais plus variée, avec du pédalage et beaucoup plus de pierres. Celle-ci sera ma favorite, je pensais avoir plutôt bien roulé et pourtant je réalise ma plus mauvaise place.

126e   3:53:25            Oget 2:45:96

On arrive sur la route du Ballon à 550m.

SP3 (Sp4 de 2015 modifiée)

Une liaison interminable sur un single plutôt sympa de 5 km pour arriver à 920m. C’est la première réelle liaison et la plupart des mecs sont à bout. Ca marche et ça discute dans la liaison parfois à 2 de front, sans se soucier des autres qui sont là pour faire du vélo et pédaler. Obligé de dire « pardon » à tout bout de champs, en réponse je dois surement me faire passer pour le mec qui se la joue trop sérieux. D’autres ont les yeux plus gros que le ventre, ils te doublent et s’arrête 2 mètres devant toi t’obligeant à poser le pied à terre dans une montée bien technique. C’est ce qui m’exaspère un peu dans les enduros.

C’est déjà le désordre dans les départs, sans grande importance, je me glisse dans la file quand je suis prêt. Il y a beaucoup de monde au départ, et j’attends facilement 30mn avant que ça soit mon tour, de quoi bien se refroidir et ne plus être dans le coup, à cet instant on maudit les enduros.

Départ dans une goulotte descendante, je rattrape très vite le mec de devant que je vois buter dans un coup de cul jonché de pierres, je lui signale mon arrivée, malgré mon entrain je fais la même erreur que lui. Après m’avoir attendu, ce bougre repart devant moi, alors que je suis dans sa roue, impossible de doubler, je reste derrière lui pendant un bon km, pour finalement lui demander de passer. A cet instant le mec de derrière m’a rattrapé, j’entends crier derrière moi, je m’arrête pour sortir du single et le laisser passer, ce *** était encore 50 m derrière et n’avait pas passé l’épingle qui nous séparait. Je ne réfléchis pas plus et repart, celle là il ne va pas me la faire 2 fois. C’est une portion très rapide et étroite, impossible de doubler et pour laisser passer il faut s’arrêter et sortir du mono trace, tant pis pour lui il m’a pris pour un con. Sauf qu’il est derrière et continue de me mettre la pression, je fais donc pas mal d’erreur et pose souvent le pied pour reprendre mon équilibre dans des enchaînements techniques, je le retarde mais tant pis pour lui je ne vais pas m’arrêter 2 fois pour le laisser passer. Puis le chemin s’élargit, à ce moment je le laisse passer, je reste dans sa roue, ça va beaucoup mieux maintenant que je fais le lièvre. Sauf que ce naze rate une intersection et file tout droit, je l’entends de nouveau pester, je repasse logiquement devant. Puis il me rattrape de nouveau, il ne me signale rien, je l’entends juste râler lorsque je l’oblige à freiner et du coup il repart loin derrière. Plus il me met la pression et plus je fais des erreurs, je ne sais toujours pas où il se trouve par rapport à moi car la spéciale est très rapide, je lui demande où il est pour le laisser passer mais il ne fait que râler, du coup il sera resté derrière jusqu’à l’arrivée dans un état hors de lui. Résultat on s’est pourri mutuellement cette spéciale. Le genre de mec dans le top 100 qui se traîne dans les liaisons et qui après râle car il roule avec des boulets.

Rapide mais loin d’être propre, malgré cela je réalise un bon 93e temps 6:33:99         Absalon   5:03:94

Nous sommes désormais à 500m d’altitude.

SP4 (Sp 2 de 2015 modifiée)

Liaison sur chemin large qui se termine par un portage de malade histoire de bien t’achever sur 80m de d+ pour un départ à 800m. Je pousse le vélo dans la pente alors que les cailloux roulent sous mes pieds, rien de plus désagréable et épuisant.
Une spéciale que j’ai encore en mémoire, j’ai donc la possibilité d’attaquer.
Plusieurs choses se passent à cet instant. J’ai encore la tête sur la spéciale précédente, un peu contrarié par ce qu’il s’est passé, mais aussi globalement satisfait de moi sur ce début d’épreuve, 3 spéciales sans énormes fautes, sans chutes. Naturellement je relâche un peu la cadence car une certaine satisfaction est déjà présente (ça c’est bien français!). Je manque le départ, pas très concentré je manque mes changements d’appui et roule en dehors du single, j’ai du mal à revenir dans la trace. Plus trop la pêche dans mes relances, je me laisse descendre, je manque de force, sans doute dû à ma perte de poids. De mémoire, je sais qu’il y a un saut énorme à un moment (1m50). J’arrive dessus surpris et sans vitesse alors que je le connaissais. Je n’ai pas d’autre choix que de m’arrêter et faire demi tout pour prendre l’échappatoire. Je perds un temps précieux, déçu car l’année dernière je l’avais franchis. A cet instant je me ressaisi et termine la 2e moitié de la spéciale de belle manière, je m’offre même un dépassement stratégique, je double le mec devant moi en anticipant la difficulté de sa trajectoire et en choisissant l’échappatoire. Dommage, on ne regagne jamais le temps perdu.

121e    5:38:42            Hosatte   4:16:89

SP5 (Sp1 de 2015 modifiée)

On arrive à 500m et on repart pour la même liaison que précédemment avec le même portage de malade, si t’as survécu on t’en remet une couche. Cette fois ci je ne me fais pas avoir, j’adopte la technique RVagabond en portant le vélo, ce qui est beaucoup moins fatiguant… pour moi. Après le barbecue sac à main, le vélo sac à dos!
J’arrive au départ et là, plus aucun pilote!!! Ils sont tous à la traîne dans les spéciales précédentes. Du coup, les quelques pilotes présents, à peine une dizaine et moi, prenons notre temps pour prendre le départ, sachant en plus que le départ est corsé. Le mec donnant les départs s’ennuie et nous chambre. Nous sommes tous regroupés en haut du rocher à étudier la trajectoire sur ce mur rocheux, comportant 2 bonnes marches tout en bas avant d’enchaîner sur un virage à 90 degrés à gauche. Hum! Les 2 marches me laissent le doute sur la finalité de la chose, mais c’est le genre de difficultés que j’aime franchir en vélo. Comme d’hab, je montre l’exemple, après 2 bonnes expirations je me lance et laisse l’échappatoire de côté. L’arrivée en bas est assez violente et il faut être solide sur le cintre pour engager le virage. C’est passé proprement, les mecs en haut sont chauds et me félicitent, de quoi donner des ailes. Mais comme la précédente, je manque de puissance et me laisse descendre. Pas très concentré non plus, comme ci j’avais fait le plus dur au départ et que je pouvais me permettre d’être moins lucide. Ca ne rate pas, la punition est immédiate, à pleine vitesse j’arrive de face sur un versant d’une goulotte. Je suis stoppé net, je pense que ma DVO vient de me sauver la vie. Je suis à l’arrêt mais encore sur le vélo. Je reprends et 1 km plus loin je pars dans la continuité du chemin, sans voir la rubalise. Je m’arrête et fais du hors piste pour récupérer la spéciale. Le reste de la spéciale est de mémoire plus difficile, je me ressaisie pour finir sur un sans faute dans la partie la plus technique, ce qui me rend satisfait.

106e   5:41:39         Hosatte    4:06:76

Total 103e   27:06:93         Hosatte   20:37:04

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Visiblement je prépare une épingle à droite, mais c’est bizarre.
Bilan

Une 103e place qui me satisfait même si l’objectif de cette année était d’entrer dans la soixantaine. 103e sur 330 sur un enduro à l’aveugle, c’est à dire sans reconnaissances, c’est satisfaisant car je n’aime pas prendre de risques sans avoir préalablement repéré. C’est la première année où je ressens une baisse au niveau physique, le travail sans doute m’a épuisé, et puis les séances de préparation musculaire de mars qui commencent à dater. A part ça, je ne change pas, je suis irrégulier, incapable de faire une spéciale entière à bloc et concentré. Je suis capable d’être impressionnant sur les portions les plus engagées, physiques, techniques, mais capable aussi d’être mauvais dans les portions dans lesquelles je porte moins d’intérêt. Si je veux entrer dans le top 100, il va falloir que je change ça.

Enduro ou endurando?

Parlons un peu du format enduro, une pratique VTT à laquelle j’appartiens, mais dans des épreuves auxquelles je me retrouve de moins en moins.
Partis 248e, dans l’ordre des dossards. Je suis le 42e à pointer ma puce à l’arrivée de l’épreuve.
Au fur et à mesure des années, je vois la rigueur des organisations diminuer. C’est à dire que petit à petit les pilotes font leur loi et se présente quand bon leur semble au départ des spéciales. Une liaison qui devait il y a quelques années nous diminuer physiquement et impacter notre future descente, aujourd’hui ces liaisons représentent une récupération pour bon nombre de pilotes, qui peuvent se permettre de marcher et discuter. Je suis peut être rabat joie me direz vous! Mais quelle est la valeur du classement sur une épreuve dans laquelle il n’y a aucunes règles. Bien sur cela ne s’applique pas au top 50. De moins en moins de dénivelé positif (c’est à dire moins de liaison), de km. Les épreuves d’enduro deviennent de plus en plus facile, accessible aux plus nombreux, une épreuve loisir, dans laquelle la condition physique n’est plus une obligation, on descend sans forcément avoir le besoin de pédaler.
C’est pour cette raison que je vais diminuer mes participations aux enduro, et que je vais m’orienter vers des épreuves all mountain sur plusieurs jours, type trans, biivouac ou des épreuves marathon comme le shimano épic. Mais si ça peut rassurer l’OTB Team, je relance ma participation à l’EHV l’année prochaine car je pense pouvoir faire très nettement un meilleur classement. Ma prochaine épreuve, un vélo gourmand le 25 septembre, je vais apprendre à marcher pendant les liaisons.

RVagabond

2 réflexions au sujet de « Enduro de Giromagny 2016 »

  1. Bien joué Hervé !
    Je te rejoindrais sur le sec, cela devient très difficile. Mes dernières descente sur le BikePark du Lioran sur terrain ultra sec m’ont déstabilisées. Difficile d’assurer ses trajectoires dans les virages, ça sous-vire ou sur-vire sans préavis.
    Sinon bien joué de ne pas avoir laissé passer le gus derrière toi. Être sport, mais faut pas abuser. J’ai bien aimé ce passage.

    Vivement que l’on roule ensemble !

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