2016 Vacances d’été – ZEN : comment concilier vie de famille et passion du VTT

Je savais que cet été 2016 en venant à Toulouse, Loïc m’attendait de pied ferme pour me déboiter la tête. Je savais également que l’on allait être à huit dans son appartement. Et aussi grand soit-il, on allait se marcher dessus quoi qu’il arrive. Restons zen. Et de même pour le Cantal, comment concilier vie de famille et passion pour le VTT alors que l’on est en vacances avec les enfants. Restons zen. En vérité je vous le dis : Belzébuth prend procession de vos enfants quand vous n’êtes pas là…

Toulouse

Prévu de longue date, ces cinq-six jours de vacances avec la Chattonerie à Péchabou, à côté de Toulouse, nous faisait languir. Nous partons le vendredi vers 17h00 pour rouler de nuit, car les enfants dès que l’on dépasse les 2h de route deviennent infernaux, même avec les moyens modernes comme la TV ou les consoles. Nous arrivons donc vers 2h00 du matin au pied de la résidence de la famille Chatton. Ce dernier nous accueille avec l’air un peu surpris. Il n’y a pas un, mais trois vélos sur la remorque. Je comprend vite qu’il va falloir jouer à Tetris pour jongler avec tout le matos. Il ne dispose que d’une micro-cave qui relève plus du cagibi, mais c’est mieux que rien. Sauf que c’est déjà plein. Pas grave, on met les vélos à la vertical, c’est pas un soucis.

Nous ne sortirons faire du vélo que le dimanche soir. Nous préférons consacrer du temps à nos enfants d’abord qui ne tiennent malheureusement pas en place dans l’appartement, surtout les miens. On vit à la campagne, alors ils n’ont pas trop l’habitude des voisins ni d’un balcon. Donc parc, piscine, toussa. Il faut occuper les enfants sinon Belzébuth s’en mêle. Un mot sur la chaleur : même si mon ami Loïc s’en accommode apparemment bien, lorsque l’on frôle les 40° en plein soleil, difficile de faire quoi que ce soit, pour nous comme pour les enfants. Alors cette première sortie VTT vers 17h se révèle vite être une épreuve pour moi. Fier comme un mousquetaire (!) de l’entretien de mon vélo fait main, je fais part à Loïc de la disparition de l’effet biscotte sur mon cadre. Quel plaisir de rouler dans le silence ! Le spad de Loïc par contre semble avoir hérité de ma malédiction et croustille dès qu’il met un coup de pédale. Nous aurons juste eu le temps de faire un petit tour autour du canal du Midi et de pédaler sur une quinzaine de kilomètres qu’un flottement m’avertit que quelque chose ne va pas sur mon cadre. Les croustillages sont de retour en parti et en cherchant un peu, je trouve que mon pédalier se balade de cinq bons millimètres de part et d’autre du cadre. Très étrange, je n’ai pas touché aux réglages depuis l’année dernière mais bon.

Nous rentrons en écourtant la sortie. Et ça tombe bien les filles nous attendent de pied ferme ! Ce n’est pas que les enfants sont chiant, c’est juste qu’ils ne restent pas en place. Qu’à cela ne tienne on a une sortie de prévu à Citou le lendemain, on peut bien garder les enfants toute la soirée. Et hop, bain, manger, couchage et à 20h30 tout le monde est au lit dans une chaleur étouffante même dans les chambres. Nous en profitons avec Loïc pour régler mon problème de pédalier et pour ajuster tout pleins de petits réglages pendant que les filles sont en train de décompresser.

 

Réveil aux aurores. Je me réveille à peine et comme il y a du monde dans la salle à manger/cuisine qui dort, c’est impossible de faire du café. A 6h50 nous sommes sur la route. 1h15 de route jusqu’à Citou. Sans café pour me sortir de la torpeur matinale, je tire une tronche de mort vivant durant tout le trajet. Citou nous accueille dans un soleil éclatant, mais le ciel au dessus de Carcassonne est soudainement recouvert d’un raz de marée nuageux assez impressionnant. Nous prions pour ne pas avoir de pluie. Notez au passage que l’on avait tout préparé la veille afin de ne pas faire de bruit pour ne pas déranger les enfants, mais j’en ai oublié mes genouillères. Bien, bravo ! Surtout quand Loïc te dit que la spécialité locale de Citou est la destruction de vélo…

Départ effectif à 8h20. Comme Citou est enclavé dans la vallée, le premier truc à faire est de monter pour sortir du trou. On entame donc par de la côte qui va bien direct. Chemin large et roulable, il fait frais et nous sommes sur un versant à l’ombre, aucun mal à monter. 45mn plus tard et nous sommes juste au dessus du château de Citou. Le soleil commence déjà à taper mais le point de vue est grandiose.

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On attaque le premier single de la journée. Loïc m’annonce que ça va tabasser du bois et qu’il ne faut pas que je panique. Effectivement, on fait dix mètres et paf, plaques de rochers striés sens montant pour te découper les genoux en rondelles si tu tombes. C’est très pentu, très technique, ça te met dans le bain direct. N’oubliez pas que je n’ai pas de genouillères… Le reste du single n’en est pas moins simple, cela reste très pentu et même s’il est globalement roulant, de vilains rochers sont habillement dispersés pour bien te faire guidonner. L’autre moitié du single est pour le coup beaucoup plus technique, même pente mais masse de rochers et le single devient chaotique. Les mains commencent à sérieusement se tétaniser et l’index n’a plus de force tellement je pince les freins comme un demeuré. Cinq minutes plus tard et la fin du single apparait. Plus qu’heureux d’être arrivé en bas sans chuter, je mesure seulement l’ampleur de la dangerosité de l’épreuve. Faut un grain pour faire ça d’une seule traite sans genouillères. Mais cela tombe bien, on est taré.

Nous repartons pour la plus grande ascension de la journée. Quasi 800m de D+, le début sur goudron car on traverse un village au nom imprononçable (maj : Lespinassière) et le reste en chemin type 4×4. Heureusement qu’il y a la forêt car le moindre passage au soleil te rappelle au bon souvenir de la scène de Riddick quand il s’échappe de la prison de Crématoria. Même effet, même état. Nous arrivons en haut un peu entamé mais pas plus que cela (à mon grand étonnement !). Nous avons monté plutôt peinard, et c’est pas plus mal. Nous voilà au sommet du sommet (ou presque).

Loïc me prévient alors que ça va envoyer du Pulko. Pas de problème, je suis là pour en chier. On attaque alors un nouveau type de single pour moi : le single maxi étroit en mode tape cul. Grosso modo, t’as un micro couloir de 30cm entre les tronc d’arbre et le dévers et tu passes ton temps à pédaler, descendre, pédaler, descendre sur de très courtes distances. Frénétique ! Les trajectoires sont très exigeantes, peut-être les plus dures que j’ai eu à faire car l’étroitesse du single ne laisse pas la place au mauvais placement de pneu.

La première partie du single se termine relativement rapidement, nous réempruntons une partie du chemin de 4×4 comme liaison jusqu’à la deuxième partie. Deux kilomètres plus loin, même punition que le premier single, mais un peu plus large. La quantité d’arbre aussi proche du single rend la lecture de celui-ci très exigeante. Impossible de profiter du décors, mais qu’importe. Quelques coups de cul plus tard et nous voici arrivé au dessus de Citou, au poste d’antenne relais.

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Joli contre-jour…

Loïc me prévient que la suite est encore plus dure et éprouvante. Ouch. Plaques de rocher, caillasses de ta grand-mère, sauts contigus en pleine descente. Super le menu ! Dernier coup d’œil sur Citou vu d’en haut.

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Si vous cherchez, il y a le château de Citou et le chemin par lequel on est monté

Et bien mes amis, j’ai rarement eu à me plaindre d’un single qui vibre, mais mes avant-bras s’en souviennent encore ! Pour faire court, je finis sept bonnes minutes plus tard à l’arrivée en mode playmobile sans pouvoir ouvrir les mains. Loïc me l’avait promis, il l’a fait. Détruire mon spad n’a jamais été aussi simple ! Je me met à la place de mon JDD, j’ai mal… On entame la dernière ascension qui part du bled qui est de l’autre côté du versant de CItou par la route. Plein soleil, transpiration de la mort qui tue, mais zéro circulation. Je suis quasi sûr que la route n’est même pas sur Google Map… Encore une belle ascension qui dure des plombes mais qui se montent sans se tuer. Nous arrivons au départ du single, bien caché.

Après une courte pause kitkat, nous nous engageons dans le dévers. Full descente au milieu des gorges de je ne sais plus quoi. Je prends quelques secondes de temps à autres pour admirer le paysage quand même. Elles sont magnifiques, quoi que complètement arides. Le GPS de Loïc bip en plein milieu du single, il me dit que cela signifie que le KOM de ce single est déjà arrivé. PUTAIN ! Même si on traine un chouille, c’est quand même hyper impressionnant. Il faut quand même reconnaitre que la fatigue se fait sentir et que les trajectoires sont beaucoup moins précises qu’au début. J’en perds même mon timing quand je me retrouve au fond du ravin en plein milieu de la rivière asséchée. Je me dis que j’ai du foiré un croisement, mais non. J’entends Loïc me prévenir que c’est normal et qu’il faut continuer. Là encore les mains vibrent frénétiquement et c’est tout le buste qui travaille pour amortir. Tu sens que les courbatures des pectoraux vont te rappeler à l’ordre demain.

C’est avec un soulagement et un plaisir non dissimulé que nous arrivons à la fin de la sortie, en contre-bas de Citou. Nous avons 200m de D+ par la route pour remonter à la voiture. Loïc me demande si je veux prendre un itinéraire bis pour 200m de D+ supplémentaires. Non merci, mes jambes sont bien entamées et mon mental aussi. J’ai également très soif, j’ai fini ma poche d’eau il y a déjà une heure… Merci Loïc,  Citou est effectivement The Place to Be pour détruire ton spad. Une sortie comme ça par semaine et tu peux changer de spad tout les trois mois.

 

Retour à l’appart via la case KFC, on ne se refait pas. C’est notre dernier petit moment à nous deux avant de retrouver nos familles et le boxon qui va avec. Ça tombe bien, nos femmes nous attendent avec impatience pour se barrer faire leur soirée. Les enfants ont été très agités. Bizarrement avec Loïc et moi, cela se passe toujours bien. Belzébuth doit flipper sa race en nous voyant. Couchage en bonne et dû forme, nous passons une bonne soirée tranquille à discuter pendant que les mômes dorment à pédale fermée.

Nous ferons une dernière sortie deux jours plus tard, aux alentours de Péchabou. Pas plus car faut pas abusé, les femmes seules avec les enfants, c’est pas évident du tout. Quelques singles bien sympa. Sauf que quand Loïc m’annonce une sortie nocturne, moi je m’attends à prendre mes lampes. Que nenni. il est trop badass pour ça et me dit que cela ne sert à rien. En tant que personne proche et de confiance dans mon entourage, je suis son conseil avisé aveuglément. Grand mal m’en a pris. Nous finirons le retour et les deux derniers singles dans la nuit la plus noire. Je ne sais même pas comment nous ne nous sommes pas foutu en l’air. En pleine forêt avec végétation dense, la seule bande blanche de terre me guidait, sans se préoccuper de la tronche du single ni de la végétation. Un miracle que nous soyons rentré en vie… Nous repartirons le lendemain, Loïc et sa femme vont enfin savourer un retour au calme bien mérité dans leur demeure. Mais c’est toujours avec de la tristesse que nous les laissons s’éloigner derrière nous. Bisous de nous quatre les amis. Le temps sera long sans vous.

Vic-sur-Cère

Après un crochet par Perpignan, nous voilà à Vic-sur-Cère, notre point de chute habituel. C’est avec le cœur un peu serré que je me gare devant la maison de ma défunte grand-mère. Tout me parait ralenti. La clé dans la serrure, l’ouverture de la porte, la lumière, tout… L’odeur est là, les meubles, les murs. Tout est exactement pareil. Seul le salon que ma mère a arrangée différemment dénote. Mes enfants me rappellent à l’ordre et manifestent leurs présences en foutant direct le bazar. Cela a le mérite de me ramener sur terre sans sombrer dans la tristesse. Le Cantal est tel qu’il est : vert et accueillant, mais sans grand-mère, ça n’a plus du tout le même goût. Il va falloir s’habituer à vivre sans. J’ai du mal depuis janvier, mais il faudra que je me fasse une raison. J’imagine qu’elle me regardera descendre le dénivelé cantalien avec le sourire…

C’est en sortant les enfants au Lioran que je vois un magasin qui fait de l’entretien de VTT. Et quoi de mieux qu’un magasin de vélo de montagne pour entretenir ton spad ! J’y fonce et je tombe sur Mathieu qui tient le Lioran Sport Skimium. Franck s’en souviendra sûrement, c’était le propriétaire d’un spad YT Industry. Superbe accueil, hyper commerçant et passionné, on passera l’après-midi à retirer la tête de vis foirée de mon amorto, à supprimer le grincement de mon cadre et à dévoiler ma roue arrière. Sauf que l’on y a passé trois bonnes heures. Ma femme s’attendait à ce que je  dépose le spad et que je reparte la chercher direct pour faire des trucs avec les gosses. Je l’appelle et je lui explique que l’on galère sur le cadre. Elle me dit pas de soucis et qu’elle gère (elle est vraiment top). Je finis par rentrer vers 17h00, les gosses ont été exécrables et elle a pété plusieurs fois un boulon. Normal. Je prends donc les deux petits diables et je file au parc. Une heure et demi plus tard, je rentre avec les deux loulous complètement éclatés et bien crevés. Je les ai fumé sur les balançoires et les tapes-cul. Manger, douche et dodo. Madame est ravie d’avoir eu une petite heure à elle. C’est la moindre des choses que je peux lui offrir…

Le lendemain nous mangeons en famille dans une cafétéria. Ma femme me propose de passer l’après-midi au bike park du Lioran. N’est-elle pas parfaite ?! Je dis oui direct et on file donc pour 13h30 à la station. Elle me dépose et repart avec les gosses pour d’autres activités sur Aurillac. Je file chercher mon forfait. Mince, c’est blindé au guichet (un seul d’ouvert) : pleins de marcheurs qui veulent prendre le téléphérique (!) ainsi que d’autres vététistes. Je pose mon spad au milieu de la salle et bien en vu pour faire la queue, pas mal de jeunes tournent autour. C’est sûr qu’à côté des vélos de DH de location, les vélos d’enduro, il n’y en a aucun. Vingt minutes plus tard et mon forfait en poche je file voir Mathieu. Je n’ai pas de manomètre et je voudrais vérifier la pression de mes pneus. Il me dit que deux bars c’est beaucoup trop, max 1.7/1.8. Ah bon ? Soit, et il me dit que je vais sentir la différence à mort! Je descend enfin au bike park et je prends mon pied direct : il y en a pour tous les goûts ! Vert/bleu/rouge/noire et jaune (!), mais on verra plus tard. J’enchaine une bonne dizaine de descente, les avant-bras prennent chers. Le vélo aussi. Plusieurs fois je m’arrête pour le contrôler et grand bien m’en a pris, je ressers plusieurs fois différentes vis/axes.

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Il faut savoir que 90% des gus qui font du VTT sur le bike park prennent des VTT de locations et sont des billes en descentes. On croise quand même quelques fois quelques mecs bien couillus qui te servent de lièvre ou qui te claquent un boulevard au premier virage. Il est facile de les reconnaitre, les kit de locations ne comprennent pas de gants ni de masques. Donc dès que tu vois un mec avec l’un des deux, tu peux être quasi sûr que c’est un pratiquant régulier. Les autres sont partagés entre les petites familles à papa et ses enfants qui descendent au ralenti (normal car assez jeune) et des ados en puissance qui foncent comme des tarés sans prendre conscience des risques et se plantent comme des merdes au premier virage technique. Assez drôle à voir d’ailleurs. Nous étions bien une bonne vingtaines sur le bike park, et à part de rares fois ou je me suis retrouvé derrière des gars, ils m’ont laissé passé sans que je demande quoi que ce soit. Sympa ! Mais un comble quand tu penses que je suis une quiche. A 16h20 je décide basculer sur le plomb du Cantal. Je redescend sur la station et file au téléphérique, la dernière montée est à 17h15.

Tout est pensé pour nous les mecs !
Tout est pensé pour nous les mecs !

Sauf que j’attends depuis 10mn dedans et que ce dernier ne monte toujours pas. La gonzesse qui le pilote arrive enfin et nous montons à 16h40. Six minutes de monté, si je ne traine pas cela me laisse vingt-cinq minutes pour descendre en prenant en compte le temps que les gens sortent de la cabine.

Un brin blindé le téléphérique...
Un brin blindé le téléphérique…

Si Franck était là, il aurait pété un câble. Comme ce ne sont que des vélos de loc, les mecs n’en ont rien à foutre et te balancent les vélos les uns contre les autres à l’arrache. La gonzesse de la télécabine nous engueulent en plus que l’on prends trop de place et qu’il faut foutre les vélos en vrac dans un coin. J’ouvre alors ma gueule et lui explique que tout le monde n’a pas un vélo de loc et que ce sont mes deniers perso qui payent mon spad. Un autre mec me rejoins et gueule que c’est également son vélo perso et qu’il est hors de question de les empiler comme des brutes. Ça ronchonne un peu, mais j’arrive à faire ranger les vélos des autres mecs doucement et correctement. Je m’apaise pendant la monté en reluquant les touristes qui sont habillés comme s’ils allaient affronter l’Himalaya mais qui finalement prennent la télécabine. Tous des feignasses ^^. Allez je ne traine pas et dès que la cabine s’ouvre j’attaque comme un ouf, je sais que que le temps est compté pour descendre, c’est faisable mais faut pas niaiser.

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J’enquille comme un chef ! Je prends le single enduro car leurs pistes marquées VTT sont clairement faites pour les vélos de DH. Qui dit enduro dit roche et je suis servi. La piste finie par rejoindre les pistes VTT, j’enquille toujours comme un pro et me surprends à doubler plusieurs gus devant moi. Je fonce tellement que je suis en transe. Mon spad est transformé ! C’est de la bombe atomique, je vole sur la caillasse, je saute comme un taré et je passe par dessus les tables avec une aisance venu d’un autre monde. A ce rythme je suis en bas en moins de 15mn. Mais…

MAIS JE CRÈVE BOR$%* DE ME#$&*µ ! Juste avant de rentrer dans la partie boisée de la station. Je ne panique pas et je sors le matos en mode professionnel. Comme la journée était prévue comme pro-active, j’avais tout emmené : double chambre à air, pinces, câbles de dérailleurs, clés allen, kit de réparation de pneus. Franck ne pourra plus me tailler que je pars à l’arrache :p Oui sauf que quand je check l’heure, il est 17h02. MEGA CHAUD. Je décide ne pas prendre le risque de regonfler direct (car je suis en tubeless) et d’essayer de réparer au préventif. Ce dernier date de presque un an et je n’ai pas le droit à l’erreur car l’idée, c’est quand même de rentrer sur Vic-sur-Cère. Je sors la chambre à air et je procède méthodique, pas de place au hasard. Contrôle de l’intérieur du pneu, mise en place, pré-gonflage. Je gère la crise sans panique mais efficace. Je remet le pneu et je gonfle comme un fou malade. Ma pompe est celle que j’ai eu à mes trente ans, elle n’a jamais gonflé aussi vite. Embout schrader oblige, j’utilise donc des adaptateurs pour gonfler mais ça marche top. Je gonfle tellement comme un fou que je ne prends pas le temps de cliper le pneu dans la gorge de la jante, je le ferai plus tard. Le pneu est bien gonflé et c’est le principal, je range tout et je m’apprête à remonter sur le spad. J’entends alors la télécabine s’activer, elle est en train de remonter. Il est 17h14. RIP ma dernière descente…

La blase me prends, mais bon c’est le jeu. Je ne descends donc pas jusqu’en bas et remonte le Plomb à l’ancienne. Sauf que le bike park m’a bien entamé et la remonté est un chouilla hardcore avec le soleil qui tape.

Ça va rappelé des souvenirs à certains...
Ça va rappelé des souvenirs à certains…

Il est 18h00 et j’arrive au sommet, accompagné d’un marcheur qui me félicite d’avoir tout grimpé avec le vélo sur le dos. Easy mec ! On tape un brin de discute et on est rejoint par un couple de marcheur qui hallucine de me voir partir sur l’autre versant et m’annonce que j’ai un grain. Bah écoutes, ok !

On ne les voit pas, mais c'est envahi de fourmis volantes !
On ne les voit pas, mais c’est envahi de fourmis volantes !

Tout est envahi de fourmis volantes, un truc de fou ! Je m’engage donc sur la voie romaine sans tarder. Ça tabasse bien comme d’habitude, surtout qu’avec l’assurance que j’ai pris du matin j’envoie du lourd et j’avance vite.

On voit la voie romaine sur la gauche
On voit la voie romaine sur la gauche

Je ne suis pas arrivé au bout de la première partie de la crête que je prends un rocher un peu de côté et… PFFFFFOOOOOOUUUUU. Mon pneu arrière qui se dégonfle. Youpi les indiens ! Deux crevaisons en une après-midi.

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La beauté du paysage est telle que cette seconde crevaison n’entache même pas ma sortie…

J’ai dû mal négocier mon approche d’un rocher et j’ai dû pincer la chambre. Aller je ne niaise pas, j’ai une deuxième chambre à air dans le sac. Re-easy dude ! J’ai tout prévu, j’chui un fou malade moi ! Quinze minutes plus tard je rembraye mais je sens que le pneu est mal gonflé. Pourtant j’ai pompé comme un cinglé, mais rien n’y fait. Je repars en mode dégradé et réduis drastiquement la vitesse tout en esquivant le moindre rocher. Malgré cela, le pneu se dégonfle rapidement, et je dois regonfler tous les kilomètres. La loose, la chambre ne doit pas être neuve 🙁

Arrêt du kilomètre gonflage, nouvelle épreuve aux JO
Arrêt du kilomètre gonflage, nouvelle épreuve aux JO

Je continue comme cela pendant quelques kilomètres mais je perds vite patience. Manque de bol je suis au beau milieu d’un troupeau de vache, mais tant pis.

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Je m’arrête donc, ressort la première chambre à air, la répare à la rustine (pincement jante, donc double rustine), gonfle comme un cinglé. Et c’est LA que je percute que quelque chose ne va pas avec ma pompe. J’ai beau pompé comme un fou je n’arrive pas à gonfler correctement le pneu. Je force tellement que le corps de la pompe est brulant. Je m’arrête deux secondes pour écouter. Bingo, ma pompe est morte car le clapet anti-retour fuit. Loose ultime, plus je pompe, plus cela fuit. En un mot : baisé. Tant pis, je gonfle au max de ce que je peux donner et je repars. Il faut que cela tienne, je suis loin de tout sur les crêtes et il est déjà 19h30. Heureusement le reste des crêtes est assez roulant et herbeux. En faisant attention je ne risque pas grand chose.

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J’arrive à la crêperie du bout du monde. Là je ne sais quelle mouche me pique, c’est plus fort que moi. Au lieu de filer tout droit et d’arriver à côté du Rocher des Pendus en mode sécure, je bifurque sur la droite et décide de descendre sur Thiezac. Je me souviens que ce n’est pas trop agressif et si je fais attention, tout devrait bien se passer. Et tout se passe bien ! Je sors par le passage habituel sur la route et me retrouve quelques mètres plus loin devant l’entrée du single de la Porte au Lion. Deuxième mouche qui me pique, je décide d’y aller. Je ne sais pas pourquoi je prends autant de risque car je sais que ce chemin tabasse beaucoup et que mon pneu ne va pas supporter longtemps la bagarre. Mais la lucidité m’a quitté. J’engage délicatement toute la première partie sans problème.

Rien que pour la beauté des sous-bois avec le soleil couchant, cela vaut le coup...
Rien que pour la beauté des sous-bois avec le soleil couchant, cela vaut le coup…

Mais au moment d’arriver sur la dernière partie juste avant la Porte : Bingo, Euro-million, Keno, PMU ! Je roule de biais sur un rocher pointu. Le pneu se dégonfle dans un râle rauque rugueux. La nuit se pointe, j’arrive à court de rustine et le plaisir s’est fait la malle. J’appelle ma femme pour la prévenir de la loose internationale, que dis-je, universelle. Je tente quand même de réparer. Mais réparation foireuse, ça fuit toujours. Le pincement est localisé sur une jointure de la chambre à air, dur à réparer, voir impossible.

Comme je le dis souvent à Hervé : PUTAIN !
Comme je le dis souvent à Hervé : PUTAIN !

Aller j’arrête le massacre, coup de fil à ma moitié qui vient me chercher sous le pont de la déviation de Thiézac. Je n’ai que dix minutes de marche pour la rejoindre, j’étais presque à la fin. C’est avec un mélange de jouissance d’une journée terrible et riche en émotion, ainsi que d’amertume de ne pas être arrivé jusqu’à ma maison que j’accroche le vélo sur la remorque. Je me console en profitant de mes deux garçons qui m’attendent dans la voiture, tout heureux de me retrouver et hyper contents de me voir en tenu de spad. Et ça, ça fait vraiment plaisir !

Toute cette session estivale pour dire qu’il est tout à fait possible de concilier vie de famille et passion du VTT. Bien faire la part des choses et équilibrer au mieux le temps passé avec les enfants. Laisser du temps à madame en contre-partie avec ses copines pour que cela soit juste, même si l’on passe plus de temps à pédaler qu’elles à faire la fête. Un grand merci et un énorme bisou pour nos femmes qui nous laissent, et même, nous encourage à aller de l’avant et à monter nos montures pour notre plus grand plaisir.

Mesdames,  merci infiniment d’être ainsi tolérantes et généreuses. Sans vous, on ne serait jamais sorti cet été !

PS : Le Stone Balancing de la photo à la une est de bibi :p

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