Enduro Series de Raon l’Etape avec la MBF

Les 21 et 22 mai 2016 avait lieu la première manche de coupe de France d’enduro à Raon l’Etape. Un évènement à ne pas manquer quand on connait l’affiche. Nicolas Vouilloz, Jérome Clementz, Rémy Absalon, Théo Galy, Nicolas Quere, Sébastien Claquin et autres.

Adhérent MBF depuis 15 jours, celle ci recherchait des volontaires pour représenter l’association sur l’évènement, par l’intermédiaire d’ouvreurs et fermeurs sur les spéciales mais aussi d’un stand présent dans le village. Je me suis donc porté volontaire pour être fermeur de course le samedi, et remplacer Arnaud (Masson) le dimanche pour tenir le stand. C’est pour moi l’occasion de rouler les spéciales d’un niveau coupe de France et de faire des rencontres.

Qu’est ce que la MBF et pourquoi y avoir adhéré?

 

mbf

La MBF, Mountain Bikers Foundation est une association nationale dont le siège est situé à Grenoble. Son but est de défendre les intérêts liés à la pratique du VTT, elle concerne donc tous les vététistes quelque soit leur pratique. Comme vous pouvez vous en rendre compte, nous entendons de nombreuses critiques sur les VTT, ils abiment les sentiers, roulent en dehors des sentiers, jettent leurs papiers en pleine nature, roulent vite à côté des marcheurs… Bref on nous met un peu tout sur le dos, alors que tout le monde est concerné, le plus dangereux c’est que cette pensée prend de l’ampleur et qu’elle nous généralise. Résultat, on commence à nous interdire certaines zones, nous ne sommes pas bien vu par les chasseurs, par le club vosgiens (pour les vosges, car ce sont eux qui tracent, balisent et entretiennent les chemins), d’ailleurs quand on connait leur solgan ça fait peur, « Notre fierté, ce sont nos sentiers. Leur balisage, c’est notre image ». Si les sentiers appartiennent au club vosgien, et la forêt aux chasseurs qui paient des parts de chasse, que reste t il aux autres utilisateurs? Mais ce n’est pas tout, nous sommes aussi mal vu par les marcheurs qui nous répètent de plus en plus « les vélos sont interdits sur les chemins de moins de 3 mètres de large!!! » Mais où sont ils allés cherchés ça?!!! Et on entend de plus en plus cette absurdité. D’autres nous barrent complétement le passage. Il m’est déjà arrivé de m’arrêter à l’avance, de saluer une personne qui en réponse s’est immobilisée devant moi au milieu du sentiers pour me faire front. Malgré ces provocations je m’applique à être courtois à chaque fois, je ralenti, je souris, je salue, parfois je m’arrête même, me mets de côté pour les laisser passer, je fais attention à ne pas effrayer les chevaux, même si de temps en temps les gens ne sont pas enthousiastes à notre rencontre. Voici le constat, on commence petit à petit à interdire un sport de pleine nature, une activité saine.

La MBF nous défend et intervient pour trouver une entente face à ces interdictions. En retour, elle nous sensibilise, nous informe, nous forme, organise des actions pour collecter les déchets en forêt, des actions pour entretenir les sentiers et autres. Tout ceci dans le but d’améliorer notre image et gagner notre respect.  Des actions que nous devrions bien évidemment faire par nous même si nous aimions notre sport, si nous aimions le milieu dans lequel nous le pratiquons.

La MBF est aussi un moyen de rassembler les vététistes,car le VTT est un sport qui peut se pratiquer librement, chacun roule dans son coin, et face aux accusations et interdictions nous ne pouvons répondre et faire entendre notre voix.

Pourquoi y avoir adhéré? Car tout d’abord, l’antenne locale massif vosgien a été créé en décembre dernier, ce qui me touche particulièrement en tant qu’amoureux des vosges. Car je pense que le comportement des vététistes est loin d’être irréprochable, en tant que paysagiste et sensible à la nature je pense avoir un rôle à jouer au sein de la communauté, et enfin je pense que notre devoir est d’entretenir les sentiers, adhérer à la MBF c’est l’opportunité de rencontrer le club vosgien et de leur montrer qui nous sommes réellement.

Samedi 21 mai, 1er jour de course

Je suis donc fermeur, au programme la reconnaissance des 5 spéciales et pour finir la journée la première spéciale chronométrée au cas où il nous resterait encore un peu de jus.
Départ de Guebwiller à 5h45 pour être à 7h30 max à Raon l’étape, michelin m’indique 1h45, autant dire que je suis juste, il va falloir rouler.
6h au Markstein, j’ai la route des crêtes pour moi tout seul avec le lever du soleil, paradisiaque. Finalement je n’aurais mis qu’1h15, le porte vélo thule c’est du solide!

Rencontre avec les membres de la MBF. Petit briefing. On installe le stand pendant que les ouvreurs donnent le départ des reconnaissances à 8h. 10h30, tous les dossards sont partis, c’est à notre tour avec comme consigne de bien rester dernier et de n’oublier personne. C’est bien frustrant quand on connait mon tempérament de winner.

Départ des concurrents avec leur stand respectif.
Départ des concurrents avec leur stand respectif.

Première liaison, on tombe sur la catégorie féminine qui elle part pour la 3e reconnaissance. C’est une liaison du coup plutôt agréable avec un jolie sourire au passage de Rae Morrison (team Lapierre bien sûr!). Prenez exemple, les pilotes internationaux disent bonjour dans les liaisons. La liaison sera la même pour les sp 1,2 et 4 comprenant 2 portages. Les spéciales, en moyenne 250 m de d-, se feront sur le même col avec un unique ravitaillement au sommet à 600m.
Les départs se font toutes les 10 secondes, la file d’attente diminue rapidement.

SP1
Je ne suis pas à l’aise, mon vélo ne me met pas en confiance, le sol est très glissant, avec de nombreuses racines en dévers à la perpendiculaires, de quoi bien se ramasser. Aucunes grandes lignes droites, les virages et les marches s’enchaînent, c’est très rapide, on n’a pas le temps de voir venir et de réfléchir, il faut être très concentré du début à la fin et avoir une bonne technique pour franchir les obstacles dans l’instant sans les avoir vu venir, notamment les nombreuses marches naturelles parfois hautes d’1 mètre dans une succession de virages sans savoir ce qu’il y a derrière. Il n’y a pas à dire, nous sommes bien sur une manche de coupe de France, le niveau est très relevé.
La pente est relativement faible mais la difficulté est bien présente, il y a beaucoup de choses au sol à prendre en compte. Même en étant fermeur, en roulant cool pour ne pas se faire surprendre, le risque de tomber est bien présent.

Cela menaçait depuis le début, je suis finalement tombé en milieu de sp sur une portion plate, mon pneu avant a décroché d’un coup en plein virage. Je commence le week end avec un tibia et un avant bras droit déjà écorchés. La fin est une série de virages et de sauts, des sauts assez surprenants sur lesquels il faut avoir les bons gestes et enchainer sur le virage suivant. Cela me fait penser à Dabo mais en plus difficile.

Ce n’est qu’une fois en bas que je réalise que mes pneus sont gonflés à bloc, cette mauvaise sensation et cette chute n’ont plus rien d’étonnant. Le sol étant bien glissant et les racines bien présentes, je dégonfle les pneus à 1,6 bars.

A voir les carrés de chocolat, il fait chaud.
A voir les carrés de chocolat, il fait chaud.

 

SP2
Une spéciale fraîchement tracée dans la tourbe, un sol très meuble, semblable à un pump track, ce n’est pas dans cette spéciale que je prendrais mon pied, contrairement aux autres fermeurs. Pour moi la difficulté est montée d’un cran. Tout au long de cette reconnaissance, il aura fallu s’arrêter pour laisser le dernier descendre à son rythme, pas si simple d’être fermeur, il faut savoir rester à sa place. Déjà à la traine dans les liaisons, on voit bien que ce concurrent n’a pas le physique pour s’engager dans une telle manche, il abandonnera en bas de la 2e reco. Certains sont un peu trop sur d’eux au moment de s’inscrire dans de telles épreuves.

SP3
Beaucoup de dévers dans cette spéciale, qui n’est pas ma spécialité en temps habituel, mais beaucoup de pédalage et un bon coup de cul en milieu de spéciale pour me faire saliver. Tous les autres fermeurs l’ont trouvé difficile car physique à part moi. Les spéciales défilent et ne se ressemblent pas.

SP4
Au ravitaillement, on entend parler que de celle là, Guillaume Heinrich est même venu me dire qu’ils en ont chié! Comment doit on le prendre quand on n’a pas son niveau?
On arrive au départ de la spéciale, tous les vélos sont sur le bas côté, mais où sont les pilotes? Tout le monde est agglutiné aux abords de la piste.

Un départ très pentu au milieu des rochers, où les roues ont même du mal à passer. Les 10 secondes entre chaque départ ne sont pas respectées, puisqu’il en faut le double pour les meilleurs pilotes à franchir les 100 premiers mètres. De nombreuses chutes, les signaleurs usent de leur sifflet pour arrêter la course. On restera peut être 1h avant notre tour. On descendra tout sur le vélo mais pied au sol.

 

Le reste de la spéciale n’est guère mieux, des épingles impossibles à négocier, des dévers avec des racines bien glissantes. Aucun plaisir sur cette spéciale. C’est de pire en pire, le niveau est vraiment très élevé, et le moral au plus bas, Hervé tu dois encore progresser…

SP5
De quoi se remonter le moral, une spéciale bien plus rapide que les autres. De bonnes prises de vitesses dans des couloirs rocheux, des virages biens ludiques sans difficultés. Celle ci sera ma spéciale préférée.

La MBF sur les sentiers de Raon.
La MBF sur les sentiers de Raon.

 

SP6
La SP1 chronométrée. Après 40 km et 2000 m de d+ je plains les coureurs.
Le plaisir est accru, le sol a bien séché depuis ce matin, je suis bien plus rapide, ca ne m’empeche pas de faire une nouvelle chute, derrière une marche je retombe sur une racine en dévers. Ces spéciales comportent des pièges bien vicieux.

 

Je finis cette journée bien écorché, même fermeur, en roulant tranquille j’arrive à tomber, c’est dire le niveau des spéciales.

Arrivé au village à 18h, l’info tombe, la première partie de la sp4 est supprimée afin de ne pas déranger l’organisation, rien d’étonnant. Bilan, 2100 m de d+ et 46 km, et plutôt en forme arrivée en bas, première sortie de l’année à plus de 2000 m de d+, ça fait du bien, ça décrasse.

Dimanche 22 mai

Après une nuit dans le gymnase sur un tapis de gymnastique (cela me rappelle les fêtes ABC à faire du trampoline jusqu’à 1h du matin complétement ivre), je suis réveillé par le speaker de la course à 7h. En route pour une journée à tenir le stand MBF. Après briefing des ouvreurs et fermeurs, me voici seul pour le restant de la journée. Heureusement ma famille viendra me rendre visite. J’en profiterai aussi pour tester un vélo électrique Lapierre en 140.
Puis en fin de journée, je décide d’aller voir l’arrivée des coureurs sur la dernière spéciale mais chut il ne faut pas que ça se sache!
Je me suis donc placé à un endroit stratégique, une épingle bien fermée avec un rondin, prise la veille à l’arrêt avec un noce turn très timide. On va voir comment font les autres…

 

Je m’aperçois finalement que je ne suis pas ridicule puisque l’on voit bien que les pilotes galèrent à la franchir, avec quelques chutes dans le lot. Ce qui me remonte le moral.

De retour au village, après une bière partagée avec Guillaume (Heinrich) et une discussion bien intéressante, il est 16h, les fermeurs viennent d’arriver au stand, il est temps de remballer et de prendre la route.

Raon l’étape aura été une manche de coupe de France réussie, bien organisée avec des spéciales vraiment bien tracées même si le niveau est relativement relevé. Aucune surprise dans le classement, les vosgiens ont montré qu’ils étaient les meilleurs chez eux, avec Clementz et Absalon sur les 2 premières marches. Vouilloz nous a montré que ce n’était pas encore un papy, 7e au général avec un vélo électrique de 22 kg, il faut le tenir l’engin sur de tels sentiers!
RDV les 25 et 26 juin à Val D’Allos pour voir ce que valent les vosgiens dans le sud.
Et RDV à l’enduro des hautes vosges pour la majorité des ouvreurs et fermeurs pour cette fois ci se tirer la bourre!

Une réflexion au sujet de « Enduro Series de Raon l’Etape avec la MBF »

  1. Dingue. Le niveau à l’air stratosphérique !!! Mais j’avoue que des sp pareil, ça ne donne pas trop envie. Si on perd même un minimum le côté roulant. Je pense que l’on y perd tout le plaisir.

    En tout cas ravi que tu ai pu t’éclater Hervé. En plus tu mets un pied actif dans ce milieu. Tout ce que tu as toujours souhaite. Je suis super heureux pour toi !

    Un seul mot : FONCES !!

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