Cannondale Enduro Tour de Daboue 2016

Dabo! Encore et toujours! Encore et toujours sous la pluie!
Vous allez dire, « mais il ne connaît que Dabo pour rouler?! » C’est vrai que mes 3 derniers articles parlent de Dabo, mais entre temps j’ai roulé ailleurs, et puis quand on décide de faire un déplacement d’1h30 pour aller à Dabo, ça mérite un article.

Bref ce week end on y va pour la première compétition de l’année, le Cannondale Enduro Tour, organisé par Jérome Clementz, champion du monde de la catégorie Enduro vtt. Moi qui aime rouler ici, j’ai bien envie de découvrir les tracés de Dabo, d’une tout autre façon, cette fois ci en compétition. C’est aussi l’occasion de découvrir le format et l’organisation des CET.
Comme d’habitude, ma petite nuit au refuge du Grand Tetras est déjà réservée. A 15 mn du départ, on peut difficilement faire mieux.

Comme tous les ans, je révise entièrement le vélo à la sortie de l’hiver, il sera donc fraichement préparé pour être mis à l’épreuve, car le matériel souffre énormément lors d’une compétition.

Le CET est une épreuve sans reconnaissance, je joue le jeux et m’organise une petite sortie du côté de Saverne, malgré la pluie, pour tester et régler le nouvel amortisseur. C’est une tâche obligatoire, si je ne veux pas avoir de mauvaises surprises pendant la course.

A la veille de la course, 22h, je ne sais toujours pas mon numéro de dossard, et donc l’heure à laquelle je dois aller m’inscrire et prendre le départ. J’aurais du recevoir cette info avec le détail des spéciales par mail vendredi comme annoncé dans le premier mail par l’organisation. Mais rien! Je n’étais pas très inquiet jusque là car je suis normalement inscrit dans le top 100 et doit logiquement m’inscrire à partir de 9h. Mais pour dormir tranquille, j’aimerais être sur. 22H, toujours aucun mail, je décide donc d’aller sur le site (heureusement que j’étais sur Saverne ce soir là pour la connexion), le téléphone rame pour ouvrir la liste des inscrits, et découvre avec stupeur que je suis le dossard 332, ca change tout le programme puisque les inscriptions sont avant 9h et le départ avant 10h. J’apprendrais le jour de la course que le descriptif de la course avait été envoyé le samedi soir à 23h, après réclamation sur le forum. Ca démarre fort, avec une organisation comme ça il y a de quoi être stressé.

Jour de course

La pluie n’a pas cessé de la nuit, et continue toujours de tomber au réveil. Après avoir constaté l’état du terrain hier, je m’attends au pire, le souvenir de La Bresse il y a 3 ans (voir article) me revient, et le sentiment d’abandonner me traverse l’esprit. On se prépare tranquillement, la motivation viendra peut être au moment des inscriptions.

8h15 sur place, 45mn d’attente sous la pluie pour récupérer le dossard!!! Je prends le départ à 9h30 et la pluie s’arrête comme par magie, mais trop tard les dégâts sont déjà fait et nous sommes prévenus dès la première liaison. 15 à 20 cm de boue, des ornières, ça patine, pose le pied, ça glisse, on use beaucoup d’énergie.
Dans ces conditions, on sait que les chutes seront inévitables, la priorité sera de ne pas abimer le vélo et surtout la transmission toute neuve sachant que les rochers de Dabo en sont très friands. Bref on ne jouera pas le classement içi. Descendre proprement sans chuter sera l’objectif.
Aujourd’hui sera une expérience, Dabo est un endroit féérique, un paradis pour les amoureux de la nature qui veulent se retrouver loin de la ville. J’aime m’amuser ici en vélo, mais c’est aussi très particulier, des sentiers exclusivement aménagés pour les vtt, très techniques, rochers, racines, épingles sans prise de vitesse possible. Une épreuve à tenter…

6 spéciales, 32 km, 1300 D+, 1600 D-, environ 4h30.

carte

SP1: LA PIMOUSSE 1.38 KM 127- 10+ (sp3 2015)
Départ de l’Himbeerfels, c’est une spéciale que je connais.
Parfait pour se mettre en jambe, pas de danger, beaucoup de pédalage, quelques grosses marches en fin de spéciale. C’était la soupe ici il y a 3 semaines, donc on s’attend au pire. Moi qui n’aime pas la boue, je vais être dans le bain rapidement. Je prends le risque de mettre le masque au départ avec cette atmosphère très humide. Et ça ne rate pas puisque très rapidement je m’arrête pour l’enlever à cause de la buée. Je m’arrête une seconde fois pour remettre mes genouillères, j’avais pourtant rattrapé le pilote précèdent, de quoi être satisfait de mon rythme. Je descends tranquillement mais proprement, tout en faisant attention au pédalier dans les rochers, et c’est plutôt efficace. Par contre on perd beaucoup de vitesse à chaque fois que l’on bute la roue avant dans l’ornière, un coup trop à droite, un coup trop à gauche, on sort les pieds des cales puis on galère à reclipser avec les changements d’appuis qui s’enchaînent. Pas très agréable à rouler, la difficulté est assez relevée.

SP2: LA TWIST 2.03 KM 236- 16+ (sp 2 2015)
Départ de l’Eichelkopf, c’est également une spéciale connue.
Il y a un rocher à éviter si je ne veux pas plier mon grand plateau, puis une arrivée très spectaculaire dans la pente avec un virage en bas, dans la boue ça risque d’être compliqué.
Première chute à mi spéciale dans la portion de pédalage, en mettant trop d’appui dans un virage à plat, le Minion ne tient pas, je fais chasser la roue arrière et couche le vélo. Je repars sans discuter. Arrive la fin tant redoutée, ne surtout pas s’arrêter, bien garder les pieds en appuis sur les pédales et ne pas freiner, waouwh! c’est passé! Le mec pointant l’arrivée des vélos me racontait qu’il y avait beaucoup de chutes ici, content que ce ne soit pas moi.

Je ne suis pas très constant sur l’intégralité des spéciales, par moment je suis capable de faire des passages de haut niveau, très rapide, très technique, et à coté de ça je peux perdre du temps en enjambant les rochers ou les troncs pour ne pas abîmer le vélo, aussi je peux sortir régulièrement de l’ornière ce qui a pour effet de stopper net le vélo dans la boue. Mais c’est un peu chaotique pour tout le monde, les mecs me doublent et chutent juste devant moi, ça peut parfois être rageant si le mec te gêne.

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Contournement de la fameuse pierre, rusé comme un fox!

 

SP3: LA JAGERMEISTER 1.34 KM 194- 15+
Une toute nouvelle spéciale. La liaison est très longue et légèrement descendante et se termine par un portage pour arriver au sommet du Hochkopf. Malgré un départ au ralenti à cause des rocher, c’est une très belle spéciale, hâte de la refaire sur terrain sec pour pouvoir prendre plus de vitesse. Ma préférée jusqu’à présent.

SP4: LA BALLERSTEIN AVENUE 1.63 KM 239- 12+
De mieux en mieux pour cette nouvelle spéciale, extra! A l’arrivée tout le monde est du même avis. Même si l’engagement s’accentue et qu’il faut parfois être courageux pour s’élancer dans la pente, j’adore. Je me surprends même à ne pas avoir peur et à enchainer des portions bien accidentées, sans doute l’effet de l’amortisseur est là.
Je fais exactement la même chute que dans la sp2, se sont des erreurs normales avec ces conditions, je suis donc grandement satisfait puisque nous sommes à 4 spéciales sans grosses chutes. La progression est énorme, il y a 2 ans j’aurais tout fait à pied.

SP5: LA BALDUR EXPRESS 1.78KM 234- 23+
Totalement nouvelle également. Un départ magnifique au bord d’une falaise, on roule dans la roche! Les choses commencent à se gâter… Je sors d’un virage stoppé par la boue, 5m devant un tronc derrière lequel je ne vois pas la réception, je m’élance comme je peux mais je n’ai pas assez de vitesse, je bloque le pédalier dessus et c’est l’OTB style!!! Je me relève alors que j’ai mal aux tibias pour finir la spéciale avec la douleur. En même temps il commence à y avoir beaucoup trop de dépassements et par la même occasion de chutes, puisque les dépassements sont compliqués, sortir de l’ornière n’est pas évident. Comme d’habitude je fais les liaisons plus rapidement que la moyenne, et comme d’habitude je me retrouve à faire la fin de l’épreuve avec les bons, mais sur ce terrain je ne fais pas le poids, et je commence à être un boulet pour les autres. J’accumule donc les petites fautes pour laisser passer ou tout simplement à cause de la pression.
J’arrive en bas avec la frustration et les tibias en sang, je m’insulte moi même, je prends 15 bonnes minutes pour estomper la douleur. Repartons vite avant de se refroidir et de voir d’autres douleurs faire surface.

SP6: LA HIGHWAY TO STAMPF 1.74KM 226- 16+ (sp 6 2015)
Un classique pour Dabo. Même si je l’ai déjà faite ça reste compliqué avec cette boue. Les douleurs me gâchent complètement le plaisir, je suis en rogne contre moi-même alors qu’un mec du « Paris Mountain Bike » (comme par hasard) me demande de passer, je m’arrête et me mets de côté alors que le parcours devient très pentu et rocheux, il se fait surprendre et s’arrête, je ne suis pas à 10 secondes près mais quand même!! Il s’élance et chute dans le virage en contrebas, merci encore 10 secondes qui s’envolent et les autres poursuivants qui arrivent. Je repars en le laissant devant et très rapidement j’entends du monde derrière qui s’impatiente, pas évident de se mettre de côté ici, je les fais patienter un peu même si j’accélère la cadence. J’ arrive sur un chemin large mais sous la pression je me prends une souche en pleine pente, de nouveau c’est l’OTB style! Tout proche de l’arrivée, celle-ci devait être impressionnante pour les nombreux spectateurs. Je me relève et me dépêche de ramasser le vélo pour dégager le chemin, alors que j’ai affreusement mal, le second n’hésite pas à me rouler sur la jambe pour passer. Déjà en rogne contre moi-même, là c’est la cerise sur le gâteau, comme ci il jouait sa vie sur une épreuve d’enduro, je l’engueule et le pousse. La colère me fera finir la spéciale au taquet.

Comme par hasard, le photographe est posté à 2 endroits sur les 6 spéciales dont ici… 14 photos rien que pour moi, même Rémy Absalon n’en a pas autant. Pourtant il y en a eu des chutes dans les photos, mais à croire qu’il a bien kiffé mon style. On peut voir que j’allais assez vite puisque j’atterris 15m plus bas dans les pieds du photographe. Je prends ça avec le sourire et vous en fait profiter.

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A l’arrivée (15h), une pizza et une boisson nous attendent. On laisse le vélo dans un parc et on attend la navette pour regagner la voiture. On attends trempé, boueux, sous la pluie et les 3 petits degrés. On attend puisqu’il n’y a qu’une seule navette et on ne sait même pas où la prendre puisque rien n’est indiqué. Encore une fausse note pour l’organisation. Ce n’est qu’à 17h que je regagne ma voiture et mes vêtements secs! La prochaine fois on s’organisera pour mettre la voiture à l’arrivée, mais il n’ y en aura pas. Dabo c’est sympa, c’est même exceptionnel mais pas en conditions de course, sauf si on est sponsorisé et que casser le vélo et le dernier de nos soucis! Je reviendrai ici pour rouler mais à mon rythme, là où il n’ y a pas de dépassements à faire.

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Bilan
Un bon mécano en dépit d’être un bon rider

193e sur 352, à 2 mn par spéciales du leader.
Bien, sur les 4 premières spéciales malgré les conditions extrêmement boueuses, je gâche ma satisfaction sur les 2 dernières spéciales, là où il y a des dépassements à faire, sur ce genre de parcours ça coince et ça se transforme en carnage.
Rien à dire sur le vélo, aucun pépin technique, une transmission fiable et douce comme du velours du début à la fin même recouverte de boue. L’intégralité shimano xt-xtr a du bon. Premier test des freins xtr en épreuve, je suis également pleinement satisfait, malgré le terrain glissant ils se sont montrés très fiables, constants et rassurants. Le nouvel amortisseur a aussi surement dû jouer son rôle mais difficile d’estimer sa qualité. La tige de selle ks lev a aussi été un choix très judicieux, avec un mécanisme à l’abri des projections de boue.
Bref, un vélo de champion du monde! il n’y a plus qu’un changement à faire sur le vélo, c’est le pilote!

RVagabond

Cannondale Enduro Tour powered by SRAM – Round #1 Dabo from Loizo rider productions on Vimeo.

Une réflexion au sujet de « Cannondale Enduro Tour de Daboue 2016 »

  1. Du tout bon mon Hervé ! Tu peux être fier ! Déjà que physiquement cela doit être difficile, avec ces conditions météo cela devient carrément une épreuve, on dirait Sodome et Gomorrhe.
    En tout cas félicitation d’être arrivé jusqu’au bout. Le coup du photographe c’est juste énorme ! Dis toi que c’est de la boulette d’être aux premières loges pour la comm. D’ici l’année prochaine tu sera sponsorisé mon poulet !

    Encore bravo !

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